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ONE WORLD PRAGUE 2020

Critique : Caught in the Net

par 

- Le nouveau documentaire des Tchèques Vít Klusák et Barbora Chalupová explore le monde obscur de abus sexuels sur les enfants en ligne et transforme une expérience en intervention sociale

Critique : Caught in the Net
De gauche à droite: les actrices Sabina Dlouhá, Tereza Těžká et Anežka Pithartová, et le co-réaliateur Vít Klusák

Les réalisateurs tchèques Vít Klusák (The White World According to Daliborek [+lire aussi :
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interview : Vít Klusák
fiche film
]
) et Barbora Chalupová (Theory of Equality) se sont associés pour réaliser une expérience sociale qui tourne au documentaire interventionniste, Caught in the Net [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, un film qui a fait sa première mondiale dans le cadre de la compétition tchèque du Festival international One World du documentaire sur les droits de l'Homme de Prague avant que l’événement ne soit interrompu du fait de la pandémie du Coronavirus.

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Les réalisateurs se sont proposés d’explorer à travers ce film un univers dont on connaît l'existence, mais qu'on a encore peu examiné : celui des abus sexuels en ligne à l'encontre des enfants. L’équipe de production a construit un véritable plateau de tournage reconstituant trois chambres de pré-adolescentes, avec des peluches, de la literie rose et des posters. Ils ont embauché trois actrices de plus de 18 ans, mais ayant l’air beaucoup plus jeunes, créé de faux profils de filles de 12 ans sur Facebook et d’autres sites, et les demandes en ami d’hommes adultes n'ont pas tardé à pleuvoir. Très vite, les trois actrices étaient en vidéo chat avec des hommes âgés de 25 à 50 ans, dont les visages sont brouillés dans le film. L'expérience a été menée de manière sérieuse, avec un code de conduite très strict et un psychologue, un sexologue, un avocat, un directeur de centre d’appels de détresse et celui d’un centre pour enfants présents comme consultants sur le plateau.

Pour tous ceux qui sont au courant de l'existence de ces abjects comportements en ligne, le niveau de dépravation mis en avant ici n'est pas surprenant. Dans la plupart des cas, les demandes sexuelles arrivent très vite après les salutations et souvent, la première image des appels vidéo est un pénis en érection, pixelisé dans le film. À lui seul, le nombre d’hommes qui veulent rentrer en contact avec les trois filles laisse abasourdi : plus de 2500 en seulement 10 jours.

La prémisse du film est intéressante – elle évoque les nombreux documentaires sur de vrais crimes disponibles sur Netflix –, mais comme on peut s’y attendre, le film devient vite inconfortable à regarder. Après la première phase, la production a réalisé des photos de nu truquées des filles, avec un mannequin pour le corps, de manière à ce que le contact soit maintenu après que les hommes aient demandé des photos. Rapidement, après qu’une actrice ait refusé d’enlever ses vêtements pendant une conversation en direct, l’homme a menacé de partager les photos en ligne.

Ce film, qui a réuni les efforts de la société tchèque Hypermarket Film et de la slovaque Peter Kerekes Film, avec la participation de la Télévision tchèque, est clairement une grosse production qui a été capable d’atteindre son objectif d’intervenir dans le monde réel, au lieu de se contenter d’explorer et de documenter un problème. Quand les hommes suggèrent des rencontres en personne, les actrices acceptent (dans 21 des cas) et des caméras cachées, des micros ainsi que des gardes du corps sous couverture ont été placés dans une pâtisserie de Prague. Le générique de fin nous informe que la police détient maintenant ces preuves et que des enquêtes officielles ont été lancées.

Très tôt dans le film, un membre de l’équipe repère un homme qu’il connaît personnellement, quelqu’un qui travaille avec des enfants de manière quotidienne. La question de savoir si tous ces hommes sont vraiment dépravés à ce point est abordée très vite, et un sexologue rejette l’hypothèse de la pédophilie, qui n’est pas pour lui l'interprétation juste. La manière effrayante dont les visages sont brouillés, avec seulement leur bouche et leurs yeux visibles, le reste de leur figure donnant l’impression d'avoir été effacé, suggère que les réalisateurs les considèrent comme des monstres, mais ce qui en ressort est une prise de conscience que ce qui déclenche ces instincts chez la plupart de ces hommes, c'est la manière dont les réseaux sociaux et les sites de rencontre eux-mêmes fonctionnent, sur la base de publicités qui motivent et stimulent ce genre de comportement à faire surface et se développer.

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(Traduit de l'anglais)

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