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SÉRIES / CRITIQUES Belgique

Critique série : Into the Night

par 

- La Belgique se lance dans le grand bain de Netflix avec une production relevant de l’un des genres les plus appréciés par la communauté des fans de la plateforme de streaming : la série catastrophe

Critique série : Into the Night
Pauline Etienne et Laurent Capelluto dans Into the Night

"C’est quoi ce bordel ?" Ainsi commence la bande-annonce d’Into the Night, première série Netflix produite en Belgique, créée par Jason George et réalisée par Inti Calfat et Dirk Verheye. Un soir comme un autre, à l’aéroport international de Bruxelles, une foule d’anonymes se croisent. Leurs destins singuliers vont bientôt entrer en collision à la défaveur d’un cataclysme universel. Les passagers du vol 21 Bruxelles/Moscou ne le savent pas encore, mais le soleil est soudainement devenu mortel pour les humains. Et ce n’est pas un vulgaire abri anti-atomique qui va permettre à l’humanité de s’en sortir. La seule option valable ? Devenir des oiseaux de nuit.

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C’est en tous cas la conviction de Talenzio, militaire, rattaché à l’OTAN, qui mis au courant de la situation, est prêt à tout pour sauver sa peau, à commencer par pirater un vol commercial. C’est sous son impulsion - et celle de son arme - que le capitaine de bord, Mathieu, à peine installé dans son cockpit, décide d’emmener ses quelques passagers au coeur de la nuit, abandonnant au sol une grande partie des passagers, et le reste de l’équipage.

Parmi la vingtaine d’individus qui ont eu le temps de monter à bord avant la prise d’otages du militaire italien, on retrouve autant de profils différents que de passeports. Autant d’individus qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

L’équipage et les passagers vont devoir faire preuve d’esprit d’équipe et de solidarité pour affronter rien moins que la fin du monde. Est-ce que le bien commun peut l’emporter sur les intérêts personnels ? De façon un peu extrême, l’humanité va devoir se serrer les coudes pour survivre sur une planète soudain devenue sérieusement hostile.

Au fil des 6 épisodes d’une trentaine de minutes, le voile va peu à peu se lever sur le background et la vraie personnalité des infortunés passagers du vol 21. Si les enjeux sont d’ampleur cosmiques, le pari pour les réalisateurs est de maintenir le suspense au moyen de peu d’artifices, et d’une semi unité de temps et de lieu. En effet, l’essentiel de la saison se déroule dans l’habitacle du vol 21, le temps de quelques jours à peine. Les egos et les affects vont s’y affronter, comme si cette Arche de Noé volante regroupant les derniers spécimens d’une espèce en voie d’extinction devait permettre de la (re)définir.

Pas facile de garder le rythme et maintenir le suspense, tout en donnant la part belle à chacun des personnages. La série ne s’embarrasse d’ailleurs que de (très) peu de flashbacks, favorisant les dialogues entre les passagers. Si quelques retournements de situation sont un peu moins crédibles, et si toute la lumière n’est pas forcément faite sur ce qui se passe hors de cet avion, ce n’est finalement pas tant l’issue de l’humanité qui compte (on se doute bien qu’il y a une lueur d’espoir au bout de la nuit), que les petits jeux de pouvoir qui se mettent en place, et les équilibres mouvants d’épisode en épisode. Les caractères qui s’affirment, et ceux qui surprennent. Et cette nuit aussi littérale que métaphorique va faire ressortir les instincts, les pires comme les meilleurs.

Aux commandes de l’avion, on retrouve les réalisateurs auxquels on doit la série flamande Over Water. Le cast fait la part belle aux comédiens belges : Laurent Capelluto, Astrid Whettnall, Pauline Etienne, Babetida Sadjo, Jan Bevoets, Nabil Mallat, Yassine Fadel, Vincent Londez, Laura Sepul

Entre le thriller aérien et le film d’anticipation écolo-cauchemardesque, Into the Night est une première série Netflix belge modeste mais rendue percutante par un format éclair qui permet de tenir en haleine le spectateur autour d’un pitch intrigant mais risqué.

Into the Night est produit par la plateforme américaine, et par la société belge Entre chien et loup, qui avait déjà produit la série RTBF à succès Ennemi public.

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