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Critique série : Cold Courage

par 

- Il faut du temps pour rentrer dans cette nouvelle série d'Agneta Fagerström-Olsson et Kadir Balci, et ce pas seulement pour sa froideur nordique

Critique série : Cold Courage
Sofia Pekkari dans Cold Courage

La série ancrée à Londres Cold Courage, réalisée par Agneta Fagerström-Olsson et Kadir Balci à partir du premier roman de la série "Studio" par Pekka Hiltunen, pourrait facilement passer pour un programme produit il y a bien dix ans : l’allure et l'atmosphère de la série évoque des titres comme The Bridge ou The Killing quand elles sont arrivées sur les écrans au début, autour de 2011, quoique l’alchimie entre les interprètes n'atteignent pas tout à fait les mêmes hauteurs. Cold Courage, accessible exclusivement sur le service de streaming Viaplay en Finlande et en Scandinavie depuis le début du mois de mai, reste très nettement, malgré un joyeux mélange d’accents, dans la lignée du noir nordique, avec les ambiances moroses qui lui sont caractéristiques, des personnages aux passés troublants et une certaine tendance à sacrifier une prostituée de temps à autre pour faire avancer l’intrigue. Et en guise de cadeau bonus, on y trouve un politicien nationaliste (John Simm) qui promet de "remettre l'adjectif 'grand' dans Grande-Bretagne", une ritournelle très récurrente ces temps-ci.

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On comprend bien pourquoi l’idée centrale a semblé attrayante pour une transposition TV, avec deux personnages principaux qui sont deux fortes femmes (Pihla Viitala, de Maria’s Paradise [+lire aussi :
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, et Sofia Pekkari) taciturnes préférant rester sur leur quant-à-soi, mais qui décident tout de même de s’allier face au mystère et au meurtre, le tout dans le cadre d’une organisation secrète menée par Mari (Viitala), conçue pour aider ceux qui sont généralement ignorés et laissés pour compte. "Ici, on solutionne" : voilà le descriptif concis de leurs activités quotidiennes, et aucun des autres membres de l'organisation n’est plus loquace. "Je suis ce que tu veux que je sois", dit l'un d'eux une fois les présentations faites, quand Lia (Pekkari), une graphiste dont le passé est littéralement venu frapper à sa porte pour lui demander de l’aide, entre enfin en scène. Comme on peut le prévoir, elle se retrouve vite complètement débordée par la situation, et fait du jogging comme une forcenée pour oublier ses soucis, tout comme Mireille Enos le faisait à Seattle. Le monde est sans doute plein de sombres secrets, semble-t-il, mais ça n'empêche pas de rester en forme.

Quoique les visuels restent sobres, entre les tons de gris des costumes et les lumières blafardes, comme pour bien souligner le fait que la série se veut glauque, l'ensemble a un côté "euro-pudding", additionné de dialogues mal dégrossis qui font même dans le carrément salace, avec des répliques comme "et moi, je voudrais que Marilyn Monroe me taille une pipe". On espère certainement que les éléments les plus intéressants auront l'occasion d'être davantage développés au fil du temps et des épisodes : comme le don maudit de Mari, qui est de tout savoir d'emblée sur les gens rien qu'en les regardant quelques instants, les traumatismes de l’enfance et les difficiles histoires de sorties du placard pointent à la surface aussi vite que les bulles du prosecco que sirotent tranquillement ceux qui ne se doutent de rien. "Je vois les motivations des gens", dit-elle, et c’est le cas depuis qu’elle est enfant. Cela pourrait ouvrir une voie pour que Cold Courage finisse par se forger une identité propre, une identité qui lui permettrait de se démarquer sur le marché de la VàD, de plus en plus innondé en ce moment, et de s’élever au-dessus du niveau de produits similaires.

Cette critique porte sur les trois premiers épisodes.

Cold Courage a été produit par Markku Flink et Pauli Pentti pour l'enseigne finlandaise Luminoir, en coproduction avec Cormac Fox de Vico Films (Irlande), Kjartan Thor Thordarsson de Sagafilm Nordic (Islande), Peter de Maegdand et Tom Hameeuw de Potemkino (Belgique). La série est distribuée sur le service de streaming Viaplay. En dehors des pays nordiques, c'est Lionsgate qui gère sa distribution.

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(Traduit de l'anglais)

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