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SARAJEVO 2020 Compétition Documentaires

Critique : In Praise of Love

par 

- Dans son nouveau documentaire, qui fait sa première à Sarajevo, Tamara Drakulić nous livre un aperçu sur un monde agonisant

Critique : In Praise of Love

C'est sur un village coincé entre les montagnes, la forêt et le désert dans la région de la Sierra Madre occidentale au Mexique que se concentre Tamara Drakulić dans son nouveau film, In Praise of Love [+lire aussi :
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. Après son escapade dans le cinéma de fiction avec Wind [+lire aussi :
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(2016), elle revient à son style préféré de méditation documentaire poétique, pas si différent de ses précédentes œuvres de globe-trotteuse The Swing (2012) et Ocean [+lire aussi :
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(2014). In Praise of Love a fait sa première au Festival de Sarajevo dans le cadre de la compétition documentaire et on peut s'attendre à le voir dans d'autres festivals par la suite. 

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Le film commence dans un style strictement observationnel, avec des plans longs et statiques de moyenne à longue durée qui montrent le village, ses maisons croulantes et la nature qui l'entoure. À l'intérieur de ce décor, on voit des gens vaquer à leurs tâches quotidiennes : les aînés s'occupent des animaux tandis que les enfants et les adolescents sont à l'école. Les villageois ont aussi leurs amusements et leurs fêtes, comme le montre le plan d'ouverture, où l'on suit une course de chevaux.

Après quelques minutes, Drakulić présente le narrateur du film, un apiculteur nommé Beto qui, à partir de cet instant, nous sert de guide à travers le monde isolé du village. Sa voix est tantôt off, sur les paysages aux couleurs uniques (filmés avec beaucoup de lyrisme par Igor Đorđević), tantôt accompagnée du personnage s'adressant directement à la caméra, une bouteille de bière à moitié entamée à côté de lui. Beto apporte un peu de contexte historique et mythologique à ce lieu. Il n'est pas toujours totalement cohérent, car ses histoires entrelacent souvent la réalité et les croyances folkloriques, mais il réussit tout de même à faire passer son message.

Autrefois, des mineurs habitaient au village pour y chercher l'or, l'argent, l'antimoine et le mercure des collines voisines , de sorte qu'il était considéré comme prospère, mais après le soulèvement révolutionnaire de la première moitié du XXe siècle et la nationalisation des mines, la plupart des habitants sont partis (ce qu'illustrent des images des ruines d'anciennes haciendas). Les locaux qui sont restés, pour la plupart des indigènes Huichol, sont revenus à l'agriculture, mais les tendances économiques ne sont pas vraiment favorables et le processus de dépopulation s'est poursuivi depuis lors.

Le monde des adultes est juxtaposé à celui des adolescents, qui répètent Roméo et Juliette de Shakespeare dans les ruines, dans les champs et même à l'église. Leurs répétitions ajoutent une autre forme de lyrisme et de romantisme au film, et complètent la narration de Beto ainsi que les images en tenant lieu d'élément de méditation sur la beauté de la nature ainsi que de la vie simple.

En combinant différentes approches documentaires, de la méthode observationnelle à une forme plus conventionnelle (avec des intertitres qui remettent les choses dans leur contexte contemporain, comme celui sur lequel le film s'achève), Tamara Drakulić réussit à raconter l'histoire du village d'une façon sincère et inspirée. À travers le montage, qu'elle a fait elle-même, elle établit clairement un rythme dont la lenteur délibérée sert bien le film. Dans ce nouveau film, Drakulić rend certainement hommage à l'amour, sous toutes ses formes.

In Praise of Love est une production serbe de Jelena Angelovski pour Monkey Production.

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(Traduit de l'anglais par Chloé Matz)

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