email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

SITGES 2020

Critique : A Perfect Enemy

par 

- Kike Maíllo bâtit un thriller psychologique sophistiqué qui ouvre une brèche vers des zones troubles et se passe principalement dans un aéroport, où s’affrontent deux personnages antagonistes

Critique : A Perfect Enemy
Tomasz Kot dans A Perfect Enemy

En compétition officielle au 53e Festival international du film fantastique de Catalogne (qui endure, courageusement et avec le soutien constant de sa légion d'inconditionnels, les contretemps dus aux mesures sanitaires imposées récemment dans la région), on a pu découvrir ce vendredi 16 octobre Cosmética del enemigo [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Kike Maíllo
fiche film
]
, qui est une adaptation (assez libre, comme nous l'a confirmé le réalisateur lors d’une interview il y a quelques jours, et avec des dialogues allégés par rapport à la grandiloquence du texte originel), que le réalisateur originaire de Barcelone Kike Maíllo a conçu à partir de Cosmétique de l’ennemi de la célébre écrivaine belge qui fait souvent polémique Amélie Nothomb, paru en 2001.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Cosmética del enemigo, qui représente la première incursion du réalisateur du film futuriste Eva [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
dans la langue natale de Norman Foster, fonde sa structure et son propos sur un duel verbal opposant deux personnages, chose qu'on trouvait déjà dans des classiques du cinéma comme Le Limier de Joseph L. Mankiewicz, dans des polars intemporels comme Le Silence des agneaux de Jonathan Demme ou des films cultes comme Fight Club de David Fincher. En l'espèce, le duo qui se heurte est formé par un élégant architecte de renom international et une jeune femme un peu ambiguë.

Quand on fait sa connaissance au début du film, après avoir donné une conférence, signé des livres et fait des tas de selfies avec sa légion de fans, Jeremiasz Angust (incarné par le Polonais Tomasz Kot, qui se débat aussi avec la langue anglaise) se rend en voiture vers l’aéroport. Alors qu'il est dans le chaos du trafic, une jeune femme (Athena Strates) lui demande de l’aide pour arriver là-bas à temps pour prendre un avion. Ce qui semble d'abord un jeu de séduction va se transformer petit à petit, à mesure que passent les minutes, en quelque chose de plus obscur, retors et dangereux.

Maíllo bâtit son film en illustrant ce que dit chaque personnage au moyen de sauts temporels et narratifs qui aident à alléger les tirades. Parmi ces lieux se démarquent des endroits de Paris à l’atmosphère lugubre et malsaine. Au fil du récit, l’auteur de Toro [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Kike Maíllo
fiche film
]
fournit des pistes, des données et des détails inquiétants, afin de permettre au spectateur (qui tantôt se positionne d’un côté, tantôt tourne son attention de l’autre, comme lors d’un match de tennis animé) d'identifier ce que cachent ces deux personnes si différentes qu’elles ne cessent de s’affronter.

La partie finale de la trame réserve une surprise, avec un dénouement assez satisfaisant et peu commun dans ce genre de films : c'est l’apothéose inattendue d’un titre autrement fondé sur des piliers thématiques comme la culpabilité, l'obsession et la (im)possibilité d’arriver à cette perfection des lignes à laquelle aspirent la majorité des architectes... mais nous savons tous qu'avec le passage des années, certains de leurs chefs-d’œuvre les plus onéreux finissent par avoir des fuites, des fissures et des écailles.

Cosmética del enemigo a été produit par Sábado Películas (Espagne), Barry Films (Allemagne), The Project (France) et Hessen-Invest Film (Allemagne), avec le soutien de l'ICAA. Les ventes internationales du film sont assurées par l’agence parisienne Pulsar Content.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'espagnol)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy