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JIHLAVA 2020

Critique : A New Shift

par 

- Ce film de Jindřich Andrš, en ouverture à Ji.hlava, est un documentaire chaleureux sur un ouvrier dans une mine de charbon de Silésie qui suit une nouvelle formation comme programmateur informatique

Critique : A New Shift

Le premier long-métrage documentaire du réalisateur tchèque Jindřich Andrš, A New Shift [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, qui a fait sa première mondiale en tant que film d’ouverture du Festival international du documentaire de Jihlava et concourt à présent dans la nouvelle section Golden Section de DOK Leipzig, est un titre chaleureux qui, sans manquer de légereté, examine des questions sociales d’actualité communes à l'ensemble du monde industrialisé.

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Tomaš est un ouvrier de 44 ans qui travaille dans une mine de charbon en Silésie. Quand celle-ci ferme, il doit chercher un nouveau travail et choisit de se former dans une nouvelle voie, comme programmateur informatique, dans le cadre du programme “Nouvelle rotation” subventionné par le gouvernement (auquel fait référence le titre du film en anglais, ndlt.). Il se lance dans cette nouvelle entreprise avec enthousiasme : il coupe ses cheveux longs, emménage dans un nouvel appartement et se trouve une petite amie grâce à un site de rencontres en ligne.

Tomaš, qui est un type aimable, honnête, avec les pieds sur terre, aime regarder les matchs du club de football local, le Branik, aller à des concerts de musique punk et boire de la bière. Il va toujours au même pub, avec ses copains de la mine et son frère aîné, avec lequel il semble qu’il y ait quelque rivalité. Là, il s'entend rappeler encore et encore combien ses chances de trouver un boulot dans l’informatique sont minces, avec tous ces jeunes dits "natifs" de l'ère numérique qui sont collés à leur ordinateur quasiment depuis leur naissance, alors qu’il a passé 25 ans sous la terre.

Notre héros continue d'envoyer son CV à des sociétés informatiques, mais il essuie refus sur refus. À côté de ça, sa fille (il a aussi deux fils), pour laquelle il paie une pension alimentaire, formule sans le vouloir un rappel douloureux quand elle précise que le petit ami de sa mère pourra lui offrir le nécessaire si Tomaš ne trouve pas de travail. Tandis que la pression s'accroît (même si c’est seulement dans sa tête), il trouve un emploi qu'il déteste dans un hangar d’usine. Puis quelques ouvertures dans l’informatique semblent se présenter...

La partie de loin la plus cinématographique du film est le premier segment, qui montre la dernière rotation de Tomaš à la mine : les visages noirs comme la suie des mineurs, l'environnement sonore industriel, les ascenseurs qui montent et descendent à toute vitesse et les chariots chargés de charbon fonctionnent toujours au cinéma. Andrš fait suivre ce passage par une image qui contraste fortement avec celles des souterrains : celle d'un cours de programmation informatique à l’Université technique d'Ostrava.

Le réalisateur, qui suit son personnage de très près, la plupart du temps caméra à l’épaule (assisté par le directeur de la photographie Tomáš Frkal), choisit surtout des scènes d'extérieur claires – quand l’action ne se déroule dans les bureaux de boîtes d'informatique propres comme des sous neufs où Tomaš passe des entretiens ou au pub. Ainsi, l'atmosphère du film reste légère, comme l’esprit du héros, qui reste positif malgré les nombreux obstacles qu'il trouve sur son chemin.

A New Shift offre aussi au public une bonne occasion, bien informée, de reconsidérer la question de l’automatisation du travail et ses effets sur la société. Le film envoie aussi un message plus universel, sans être sentimental : que vivre à l'ère de la technologie ne signifie pas nécessairement la fin de tout ce qu'il y avait avant… ou qu'un vieux chien peut encore apprendre de nouveaux tours, si on lui en donne vraiment la possibilité.

A New Shift est une coproduction entre les sociétés tchèques moloko filmCzech Television, avec la FAMU et Studio Bystrouška.

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(Traduit de l'anglais)

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