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IDFA 2020

Critique : Divinations

par 

- Le nouveau documentaire de Leandro Picarella réunit un cartomancien sicilien et un jeune artisan d’origine marocaine

Critique : Divinations

Divinations est un film signé Leandro Picarella sélectionné dans la catégorie First Appearance du Festival International du Film Documentaire (IDFA) de cette année.

Avant d'aboutir à l'élaboration de Divinations, Picarella, ancien élève du Centre Expérimental de Cinématographie, a réalisé en 2015 le long-métrage Triokala à Caltabellotta. Triokala a par la suite été présenté dans la catégorie Regard Neuf du Festival Visions du Réel de 2016.

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Le film s'ouvre sur des images d'archive suggestives aux tonalités rougeâtres accompagnées de la voix narrative et soutenue du comédien et conteur gelois, Mimmo Cuticchio.

Il y cite mystérieusement des phrases tirées de l'œuvre d'Empedocle philosophe grec antique ayant vécu à Agrigento au V°siècle avant J-C.

Après le prologue, nous faisons la connaissance de l'un des deux protagonistes, Achille Sidoti, ayant pour nom de scène “Professeur Atanus.”

Personnage à la fois complexe et insolite, Atanus est un ex-détenu, un fervent catholique à la santé fragile, qui essaye de se réinsérer dans la société après des années de prison.

Atanus devient voyant et prédit l'avenir lors de séances privées ainsi que sur l'une des multiples fréquences radio du Sud de l'Italie.

Un grand nombre de personnes au bord du désespoir pour des raisons sentimentales s'en remettent au magicien jour et nuit.

L'homme captive ses clients, leur prodigue des conseils.

Il promet de leur donner des bracelets en métal sans assurer des miracles mais souligne que ceux-ci sont porteurs d'ondes positives.

Le fournisseur de ces bracelets, Moka, est un garçon mystérieux d'origine marocaine, propriétaire d'une fonderie et second protagoniste du documentaire.

Dans une Sicile provinciale presque toujours brumeuse et mélancolique, le récit d'Atanus et de Moka est raconté, capable de créer une dimension abstraite "magico-philosophique" paradoxalement très terre à terre et concrète.

Les regards du réalisateur et du caméraman Andrea José Di Pasquale, ne jugent en aucun cas les deux hommes et se limitent tout simplement à raconter une partie de leur vie en procédant dans un ordre quelque peu diffus tout en maintenant une cohérence de fond.

Les thèmes centraux du récit sont la superstition et les faiblesses humaines.

Au cours de la dernière demi-heure du film, la dimension plus terrestre et quotidienne s'estompe au profit d'un registre plus éthéré et conceptuel, caractérisé par une présence plus prononcée de Moka et de son travail texturé.

La dernière image clôt d'une très bonne manière, capable d'incarner pleinement l'esprit du récit.

Le travail mesuré d'Ulisse Mazzagatti et des Frères Mancuso compositeurs à l'origine de la musique du film, donnent encore plus de caractère au récit.

Le documentaire de Picarella se révèle être dans l'ensemble une œuvre convaincante, capable de s'attarder sur ce qui est sacré et profane et de parler du besoin universel de nouvelles certitudes et de vieilles confirmations au travers de fragments de vie d'hommes en marge de la société.

Le réalisateur offre un échantillon très particulier d'un Sud qui, nonobstant son progrès, arrive encore à se construire un espace hors du temps, idéal pour le développement de la magie et du surnaturel.

Divinations est une production italo-française sous la direction de Qoomoon et Les Films d'Ici Méditerranée.

Les ventes internationales sont gérées par la boîte de production britannique Taskovski Films.

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(Traduit de l'italien)

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