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TURIN 2022

Critique : I Pionieri

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- Ce premier long-métrage par Luca Scivoletto souligne avec nostalgie les aspects les plus cocasses du militantisme politique de jadis, mais n’égale pas la verve corrosive du livre dont il est tiré

Critique : I Pionieri
Danilo Di Vita, Francesco Cilia, Matilde Sofia Fazio et Mattia Bonaventura dans I Pionieri

Écrire un livre, en faire un film. Ça peut arriver dans l'écurie Fandango (qui coproduit le prochain film de Nanni Moretti, Il sol dell’avvenire, actuellement en post-production). C’est arrivé à Luca Scivoletto, qui a publié chez Fandango Libri en 2019 son premier roman et en a tiré, trois ans plus tard, l’adaptation cinématographique, I Pionieri, produit par Fandango. Le film a été projeté au Torino Film Festival dans la section hors-compétition Favolacce. Il s’agit d’un premier film, mais Favolacce n’est pas nouveau dans le cinéma : auteur d’une douzaine de courts-métrages et de quelques documentaires, le réalisateur et scénariste fait partie du conseil de direction des Giornate degli Autori de Venise.

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C'est une vie marquée par la politique que vit le jeune héros de I pionieri, Enrico Belfiore (Mattia Bonaventura), 12 ans, appelé ainsi en l’honneur du leader du Parti Communiste italien disparu en 1984. Dans le film, on est à la fin des années 1980, dans un monde en plein changement : le soir du 9 novembre 1989, le mur de Berlin est tombé, et le plus grand parti communiste d’Occident a annoncé sa dissolution. Notre héros préadolescent, fils de Michele (Peppino Mazzotta), ex maire d’un petit village de Sicile qui vise le secrétariat régional du PCI, vit toutes les contradictions d’une famille où la passion politique passe avant tout le reste. Aucune concession n’est faite au consumérisme : aucun vêtement de marque, peu de télévision, beaucoup de marches pour la paix et de manifestations, aucune fête à la maison avec des enfants de familles démocrates-chrétiennes, alors qu'Enrico voudrait des Reebok et regarder des films américains. Ce sont des problèmes que ne se pose pas son meilleur ami Renato (Francesco Cilia), un enfant orthodoxe fervent qui parle comme un fonctionnaire du parti des années 1950. Comme ils se font tous les deux malmener par leur corpulent camarade d’école Vittorio (Danilo Di Vita), ils organisent une "évasion" à la montagne, reconstituant une cellule de l’Association des Pionniers d’Italie (d’où le titre du film). Vittorio se joint à eux et ensemble, ils tombent sur une scout de leur âge (Matilde Sofia Fazio), fille d’un militaire américain qui vit dans la base de l’OTAN voisine, elle aussi en fugue. Les papas et les mamans (Lorenza Indovina, Eleonora Danco, Beth Mc Creton), préoccupés pour leurs enfants, vont s’activer pour les chercher.

Puisant dans ses souvenirs d’enfance (son père a été cadre du PCI au niveau régional puis sénateur), Luca Scivoletto souligne avec esprit les aspects les plus comiques du militantisme politique de jadis, et teinte l'ensemble de ressouvenir, faisant bifurquer le film sur les rails du Bildungsroman, comme s'il s'agissait d'une sorte de Stand by Me à la sicilienne, avec un final triomphal et sarcastique. maladroit vantard vérifier. On sourit des comportements typiques de l'île, du dialecte, et de gags comme celui où Enrico Berlinguer (Claudio Bigagli) apparaît à notre jeune personnage pour lui dispenser des conseils (de gauche), comme le faisait Humphrey Bogart avec Woody Allen dans Tombe les filles et tais-toi, ou Adolf Hitler avec Jojo Rabbit. Malheureusement, l’adaptation cinématographique, scénarisée par le réalisateur avec Eleonora Cimpanelli et Maurizio Bologna, n’est qu’un pâle reflet de la verve introspective et de l’humour désacralisant du livre et la mise en scène ne parvient pas à pallier cette limite. De plus, le budget trop bas n'a pas permis d'apporter le soin nécessaire à la production et la scénographie (par exemple, le véhicule blindé de l’armée américaine dans la base de l’OTAN n'est pas bien peint, plein de rouille et sans insignes). I Pionieri a cela dit un cœur qui bat et pourrait attiser la curiosité des jeunes comme d'un public plus âgé et nostalgique.

I pionieri a été produit par Fandango avec Rai Cinema. Les ventes internationales du film sont gérées par Fandango.

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(Traduit de l'italien)

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