email print share on Facebook share on Twitter share on LinkedIn share on reddit pin on Pinterest

VENISE 2023 Compétition

Critique : King's Land

par 

- VENISE 2023 : Nikolaj Arcel livre une émouvante histoire d'amour, de désespoir et de haine située au XVIIIe siècle dans les rudes paysages des landes danoises

Critique : King's Land
Mads Mikkelsen dans King's Land

Deux camps qui s’affrontent, un antihéros, un abominable méchant, une femme à protéger et un paysage désertique pourraient être les ingrédients habituels d’un western. Pourtant, le nouveau film de Nikolaj Arcel, King's Land [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, présenté en compétition dans l’édition de cette année de la Mostra de Venise, reprend ces éléments, caractéristiques du genre, pour créer un drame plus classique, dans le meilleur sens du terme, inspiré du roman d’Ida Jessen, The Captain and Ann Barbara, situé dans un contexte historique et géographique plutôt peu exploré.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
madrid film office feb 2024 elena central

Écrit par Arcel en personne avec Anders Thomas Jensen (Riders of Justice [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Anders Thomas Jensen
fiche film
]
), The Promised Land commence en 1755, lorsqu’un capitaine sans le sou prénommé Ludvig Kahlen (interprété par Mads Mikkelsen) s’aventure dans les landes sauvages danoises du Jutland, dans le but d’établir une colonie au nom du roi, de cultiver la terre et de recevoir un jour un titre de noblesse. Le seigneur local, Frederik de Schinkel (Simon Bennebjerg), est un personnage impitoyable, et à certains égards, burlesque, qui revendique inlassablement la possession de la lande et recherche l’une de ses domestiques, Ann Barbara (Amanda Collin). Ann Barbara et son mari Johannes (Morten Hee Andersen) se sont enfuis de la demeure de Schinkel et sont désormais au service de Kahlen, ce qui ne manque pas de déclencher chez le propriétaire terrien une immense soif de vengeance. Ce dernier nourrit maintenant le désir de s’imposer face au capitaine, par tous les moyens et à n'importe quel prix.

Dès le début, la bataille est inégale, et Kahlen ne reçoit quasiment aucun soutien du roi. Au beau milieu d’un paysage désertique qui semble impossible à cultiver, il est contraint d’aiguiser son esprit pour trouver le moyen d’employer et d’attirer des colons et de survivre à l’hiver.

Le film comporte deux volets narratifs. D’un côté, nous suivons les tentatives de Ludvig pour établir la colonie afin de s’élever socialement et de subvenir aux besoins de la famille qu’il construit progressivement avec Ann Barbara et Anmai Mus, une enfant nomade abandonnée par ses parents, qu’incarne avec tendresse et humour la jeune Hagberg Melina. D’un autre, nous assistons à la lutte que livrent la famille et la colonie pour survivre aux complots et aux attaques incessantes de Schinkle.

Mikkelsen joue avec la complexité du personnage de Kahlen, atteignant un parfait équilibre entre sa nature de soldat féroce, son instinct bestial et son désir surprenant de poser en figure paternelle. Il finit par créer un personnage difficile à cerner, un maître controversé, mais aussi un enfant de son époque. Bennebjerg incarne le parfait méchant : aigri, violent, psychopathe, mais également ennuyeux et involontairement ridicule.

Le dernier tiers du film, alors que la violence, la tension et la haine commencent à monter, prend une tournure plus violente, une tournure aux airs de westerns. Cela peut paraître plus "classique", mais c’est tout sauf être banal ou ennuyeux. Il paraît que le diable se cache dans les détails, et ici, la solidité du scénario et de l’interprétation des acteurs regorgent de nuances et d’éléments qui lui confèrent une immense profondeur émotionnelle et psychologique.

Esthétiquement parlant, le film est enrichi par le travail remarquable du directeur de la photographie Rasmus Videbæk, qui capture parfaitement le passage des saisons et les intérieurs faiblement éclairés. Les décors signés Jette Lehmann sont simples, mais efficaces, et le film peut compter sur une bande originale, composée par Dan Romer, qui semble assez classique, mais qui fonctionne très bien.

King's Land est une production Zentropa Entertainments (Danemark), Zentropa Berlin GmbH (Allemagne) et Zentropa Sweden AB (Suède). La société danoise TrustNordisk est responsable des ventes à l’étranger.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais par Karine Breysse)


Galerie de photo 01/09/2023 : Venise 2023 - The Promised Land

18 photos disponibles ici. Faire glisser vers la gauche ou la droite pour toutes les voir.

Nikolaj Arcel, Simon Bennebjerg, Gustav Lindh, Amanda Collin, Mads Mikkelsen, Hagberg Melina, Carl Jacobsen Mikkelsen, Alberto Barbera, Louise Vesth, Fabian Gasmia
© 2023 Isabeau de Gennaro for Cineuropa - fadege.it

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy