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BERLINALE 2024 Encounters

Critique : Hands in the Fire

par 

- BERLINALE 2024 : Margarida Gil suit une jeune étudiante en cinéma tandis qu’elle visite une maison qui prend vraiment vie à travers ses habitants

Critique : Hands in the Fire
Carolina Campanela dans Hands in the Fire

Une maison peut renfermer une foule de secrets. Derrière chaque porte, il pourrait y avoir une histoire à raconter, et il faut pour cela que quelqu'un soit disposé à l’ouvrir complètement pour voir ce qu’elle cache. Dans le nouveau film de Margarida Gil, Hands in the Fire [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
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, qui a fait sa première à Berlin dans la section Encounters, un Solar do Douro a une position centrale. C'est là que va l’héroïne du film, la jeune étudiante en cinéma Maria do Mar (Carolina Campanela), car elle s'est donné pour mission de préserver ce type de vieux manoir à travers le cinéma.

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Elle a aussi un autre objectif en tête : travailler sur sa thèse sur l'appréhension du "vrai". Comme une maison prend vie à travers ses habitants, nous ne tardons pas à les rencontrer (avec Maria do Mar) : il y a le cuisinier, le propriétaire, la nounou et deux enfants. Tandis que l’héroïne déambule indéfiniment dans ces lieux magnifiques, elle devient le guide qui nous permet de connaître chacun de ces personnages, ainsi que d'autres qui vivent dans les environs. Ce qu'on n'imaginait pas au début devient clair : ce qu'on pourrait appeler "vérité" va se dévoiler lentement. Non seulement en apprend-on davantage sur les autres, mais on assiste aussi à la transformation de l’héroïne. Au début, c'est une perfectionniste obstinément idéaliste et obsédée par les règles à respecter, mais avec le temps et l’expérience et à travers les connexions humaines, elle se détend et s’ouvre à un monde de possibilités. À travers cet arc transformationnel bien développé, elle devient aussi un intermédiaire qui permet au spectateur de se rapporter à un ensemble captivant de personnalités.

Hands in the Fire s’inspire librement du Tour d'écrou de Henry James. Le registre gothique est nettement établi : tout au long du film demeure l'impression, discrète mais persistante, que quelque chose d'horrible plane. À un moment, le cuisinier dit à Maria do Mar : "Le mal est dans les yeux de celui qui regarde". En l’espèce (et dans la vie en général), le mal est ce qu’on ne voit pas. Chaque pas nous rapproche de la résolution d’un mystère ainsi que d'une succession de scènes magnifiques à l'image. La maison devient un personnage à part entière à travers le jeu magistral de ses composantes (les portes, les éclairages, les meubles, etc.) grâce au travail de photographie remarquable d’Acacio de Almeida. Ce sont des images qui parviennent à être originales et contemporaines tout en rappelant des scènes prises à différents chapitres de l’histoire du cinéma.

Lors d'une de ses rares expéditions hors de la maison, Maria do Mar emmène son micro et son magnétophne dans un espace vaste, accompagnée par une voisine, Gracinha (Sara Santos), et lui confie la chose suivante : "Le silence est le battement du cœur du monde". L’utilisation du son dans ce film est en effet la clef de son essence profonde : le paysage sonore, largement dépouvu de fioritures, adopte une approche simple mais détailliste qui utilise bien le silence pour créer de l’espace. Grâce à cela, on se rapporte encore plus aux autres éléments, comme les dialogues et la musique. La musique, par exemple, sert d'indicateur pour certains traits de personnalité des personnages ou certaines situations dans lesquelles ils se trouvent.

En dehors du bâtiment, on entend un groupe jouer une reprise de “O Anzol” de Rádio Macau (1988). Cet élément, combiné à toute une série de choix par rapport aux décors et aux costumes, font qu'il est impossible d'identifier l'époque précise où se passe le film. C'est pertinent, pour un film qui s'intéresse aux côtés sombres de l'âme humaine, ineffaçables : pas toujours visibles, mais toujours présents.

Hands in the Fire a été produit par la société portugaise Ar de Filmes. Les ventes internationales du film sont gérées par Pedro Ramalhete.

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(Traduit de l'anglais)

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