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BERLINALE 2024 Berlinale Special

Critique : Treasure

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- BERLINALE 2024 : Ce récit post-Holocauste de Julia von Heinz, qui se passe dans la Pologne du début des années 1990, est une tentative certes noble, mais ratée, de composer une tragicomédie familiale

Critique : Treasure
Stephen Fry et Lena Dunham dans Treasure

Sur le papier, rien n'indiquait qu'un tel échec était possible : le scénario s'inspire d'un livre encensé, Too Many Men de Lily Brett, la réalisatrice et co-scénariste est Julia von Heinz, dont les films précédents ont été sélectionnés à la Mostra de Venise, et la troupe comprend Lena Dunham et Stephen Fry en duo père-fille ainsi que Zbigniew Zamachowski, un acteur polonais connu pour ses rôles dans les films Trois Couleurs. De plus, l'histoire se passe dans la Pologne du début des années 1990, un paysage très pittoresque pour tout directeur de la photographie nostalgique, et parle du sujet majeur du traumatisme post-Holocauste et d'un type de silence très spécifique autour des souvenirs des survivants.

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En traitant de tout cela, Treasure, présenté dans la section Berlinale Special, cherche à projeter de la lumière sur l'ombre avec des touches comiques censées venir de la relation entre les deux marginaux que sont ce père et cette fille. Hélas, le film échoue misérablement à faire cela, aussi parce que le postulat est que ces personnages sont pratiquement des étrangers l'un pour l'autre, et ne viennent que de se rencontrer vraiment pour faire ensemble ce voyage en Pologne.

Il y a dans ce film plus d'éléments encore qui sont illogiques ou fonctionnaient probablement sur le papier. On a l'impression que c'est une première version du scénario qui a été approuvée par erreur. Et malgré l'alchimie entre les deux acteurs principaux, ils ne fonctionnent pas comme duo comique, et la réalisatrice ne semble pas douée pour ce genre non plus. Cela signifie que la plupart des scènes censées faire rire font en réalité grimacer.

Mais de quoi parle le film, en fait ? Ruth (Dunham), une journaliste américaine dans sa mi-trentaine, emmène son père Edek (Fry), qui a été prisonnier dans un camp nazi, en Pologne, pour voir la maison où il a grandi. Elle veut que le voyage se passe exactement comme elle a prévu, et ne mange que les flocons d'avoine qu'elle a amenés avec elle dans des pots ridicules, dans le cadre de son style de vie strictement sain, où elle veut tout contrôler. Edek, récemment devenu veuf, veut profiter du voyage et il est ouvert à l'aventure. La dernière chose qu'il veut reparcourir, ce sont ses souvenirs des camps, alors que Ruth lit obsessionnellement des livres sur l'Holocaust et se fait même faire un tatouage avec un numéro de prisonnier dans les camps.

Accompagnés par un chaleureux chauffeur de taxi polonais (Zamachowski), ils partent pour Łódź, leur destination finale étant l'appartement familial, habité par une famille polonaise depuis la guerre. Après avoir découvert que les propriétaires actuels ont encore des affaires qui appartenaient à la famille d'Edek (leur porcelaine, un saladier...), Ruth veut les racheter à n'importe quel prix (même si elle a dit plus tôt qu'elle était quasi sans le sou) malgré le refus d'Edek, qui préfère vraiment laisser le passé où il est.

Au-delà du noble objectif de perpétuer la mémoire des horreurs commises pendant l'Holocauste pour les générations suivantes, on a du mal à comprendre pourquoi ce Treasure a été déterré pour le grand écran. On a l'impression que tous les participants ont fourni un travail honorable, mais sans grande conviction ou sans se sentir concernés par l'histoire (qui, dans sa version originale, les faisait aussi accompagner par le fantôme de Rudolf Höss, ce qui semblait une idée inspirée présentant des motifs intéressants). Tout ce qui scintille n'est pas de l'or, apparemment.

Treasure est une coproduction germano-française qui a réuni les efforts de Seven Elephants, Kings&Queens Filmproduktion et Haïku Films. Les ventes internationales du film sont assurées par FilmNation Entertainment.

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(Traduit de l'anglais)

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