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MUNICH 2024

Critique : The Protected Men

par 

- Le nouveau film d'Irene von Alberti est drôle et surréaliste, mais son manque de finition, au niveau technique, amène à penser que le potentiel de l'histoire n'a pas été pleinement exploité

Critique : The Protected Men
Britta Emmelstein (à gauche) et Mavie Hörbiger dans The Protected Men

Un beau jour, soudain, les hommes, en particulier les plus “alpha” et les plus puissants, se retrouvent mystérieusement frappés par un virus qui les rend immédiatement poilus et sexuellement surexcités et les tue en quelques secondes seulement, tandis que leurs instincts déréglés s’affolent. Quand la nouvelle de la mort du Chancelier, victime de cette nouvelle maladie, est diffusée sur tous les écrans du monde, le parti féministe local saute sur l’occasion offerte par cette crise et en profite pour prendre le pouvoir, établissant un nouvel ordre social piloté par les femmes. Tout ceci se passe en Allemagne, soit dans le présent, soit dans un futur proche. C’est autour de cette prémisse audacieuse et intrigante que s’articule le nouveau film d’Irene von Alberti, The Protected Men, qui a fait sa première mondiale dans la section Nouveau Cinéma allemand du Festival du film de Munich.

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L’intrigue, reprise du roman Les hommes protégés de Robert Merle, paru en 1974, et scénarisée par Von Alberti elle-même, tourne tout spécialement autour de la nouvelle Chancelière autoproclamée, Sarah Bedford (Mavie Hörbiger), de son bras droit Anita Martinelli (Britta Hammelstein) et de son partenaire Ralph Martinelli (Yousef Sweid), un scientifique qui pourrait bien être capable de développer un vaccin en un temps record.

Pour dire les choses comme elles sont, la plupart des personnages (pour ne pas dire tous) sont tout de même assez sommaires. Certains sont clairement des caricatures, notamment l’ancien Chancelier Kanzler Darius Becker (Godehard Giese) et Hilda Helsinki Pfeiffer (Bibiana Beglau), DG corrompue d’un géant de l’industrie pharmaceutique.

En revanche, le film est enrichi par plusieurs excellents jeux de mots et des moments satiriques parsemés çà et là tout du long – par exemple celui où en pleine crise sanitaire, des groupes de femmes essaient d’exciter sexuellement les hommes afin de les tuer. Au cours d’une attaque de ce type, Anita arrête les femmes dans leur élan et dit à l’homme qu’il a été trop imprudent et n’aurait pas dû se promener seul, ce qui déclenche un phénomène curieux de renversement de la responsabilité par lequel on se met à accuser la victime. 

Sur le plan technique, hélas,  cependant, le film fait l’effet d’être un peu mal fichu, plus ou moins volontairement, et tout cas probablement trop. C’est particulièrement visible dans les scènes où apparaissent des présentateurs du JT : les logos sont bâclés et les incrustations sur fond vert très mal faites. Sur le plan visuel, la photographie de Constantin Campean se caractérise par la présence d’environnements lumineux et la riche utilisation qui y est faite de couleurs fluorescentes (avant tout du rose, du vert et du jaune), ce qui donne un ton plus léger à l’ensemble et rehausse le décor surréaliste.

La conclusion du parcours opéré au fil du récit (y compris la scène finale, qui se passe assez longtemps après la crise) fait l’effet d’être un peu hâtive. Ces défauts font du film un récit imparfait, mais qui vaut tout de même la peine d’être vu, pour son côté unique et sa prémisse téméraire. Bien qu’elle ne fasse que chatouiller la surface des choses sans trop les prendre au sérieux, Von Alberti n’en livre pas moins une comédie satirique très amusante. Le potentiel qu’avait cet énorme renversement des rôles, qui est l’idée centrale du récit, n’est toutefois pas pleinement exploité. Ceci étant dit, la satire de Von Alberti est assez mordante pour fonctionner, et parvient à développer les conflits principaux de l’intrigue de manière assez équitable et équilibrée, en observant de plus près ceux qui sont préoccupés par les conséquences de l’épidémie comme ceux qui veulent devancer les autres, à la faveur de ce “Meilleur des mondes”.

The Protected Men a été produit par la société allemande Filmgalerie451, qui s’occupera aussi de sa distribution nationale. Les ventes internationales du film sont assurées par l’agence munichoise The Playmaker.

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(Traduit de l'anglais)

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