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PRODUCTION / FINANCEMENT Roumanie / Autriche / Luxembourg

Radu Jude va dévoiler son petit dernier, Dracula, à Locarno

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- La relecture par le réalisateur roumain du personnage historique (et apocryphe) le plus célèbre de son pays concourra pour le Léopard d'or

Radu Jude va dévoiler son petit dernier, Dracula, à Locarno
Alexandru Dabija dans Dracula

Le réalisateur roumain Radu Jude est bel et bien un “intranquille” (pour reprendre le terme utilisé par le Centre Georges Pompidou, qui va lui consacrer une rétrospective en septembre prochain) : après avoir remporté un Ours d’argent avec Kontinental ’25 en février, Jude va bientôt présenter à Locarno, en compétition, son Dracula, un film de 170 minutes tourné sur iPhone. Ce long-métrage a été produit par Alex Teodorescu pour Saga Film, en coproduction avec Nabis Filmgroup (Autriche) et Paul Thiltges Distribution (Luxembourg), mais plusieurs autres sociétés de production (représentant le Brésil, la Suisse, le Royaume-Uni et la Roumanie) ont été des partenaires "honoraires”, selon Saga.

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Dracula, scénarisé par Jude, n'a pas grand chose en commun avec les centaines, voire les milliers d’œuvres qu'a déjà inspirées le roman de Bram Stoker, et pourtant, il pourrait être plus proche de la réalité historique, le souverain valaque Vlad Ţepeş étant dans ce film une source d’inspiration tout aussi déterminante que le célèbre personnage gothique. Dracula se compose d’une succession d’histoires aux styles et aux approches radicalement différents – “du pulp à l’avant-garde, du littéraire au grotesque, du fantastique à l’hyperréaliste”, indique un communiqué de presse.

Dracula, dont le budget se monte à 1,5 million d'euros, dont environ 500 000 € apportés par le Centre national de la cinématographie de Roumanie, a également reçu le soutien de l’Institut autrichien pour le cinéma, de Film Fund Luxembourg et d'Europe créative – MEDIA. Le projet a été tourné sur 29 jours dans divers lieux pittoresques, notamment la forteresse médiévale de Sighişoara, et à Bucarest. La photographie du film a été confiée à Marius Panduru. Fait notable, dans Dracula, une vingtaine d’acteurs (parmi lesquels Adonis Tanța, Gabriel Spahiu, Oana Maria Zaharia, Alexandru Dabija et Lukas Miko) incarnent à eux seuls plus de 130 personnages, dans des récits situés à plusieurs époques historiques. “Cela a exigé un soin méticuleux dans le choix des costumes, et l’équipe de maquillage a eu recours à des prothèses ainsi qu'à des techniques d’effets spéciaux pour donner vie à tous ces personnages”, a confié le producteur Alex Teodorescu à Cineuropa.

Jude, qui avait plaisanté dans la presse roumaine en disant que le sous-titre du film serait “Dracula sucks cock” (alors que c'est maintenant “Make Dracula great again”), affirme qu’il y a dans ce film “un petit quelque chose pour tout le monde”. Pour lui, Dracula est à la fois “un film commercial, une méditation sur les mythes nationaux, un essai, un film de vampires, une comédie potache, un film politique, une satire, un film érotique, un film d’action et du cinéma littéraire". "Il était grand temps que nous [les Roumains] offrions au monde un Dracula, poursuit le cinéaste. J’ai fait de mon mieux, et j’espère que le public appréciera au moins certains aspects de mon film.”

Les ventes internationales de Dracula sont assurées par Luxbox (France). En Roumanie, le film sortira cette année, avec Independenţa Film.

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(Traduit de l'anglais)

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