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SARAJEVO 2025 Open Air

Critique : Whites Wash at Ninety

par 

- Dans cette adaptation par Marko Naberšnik du best-seller de Bronja Žakelj, une jeune femme doit gérer des tragédies personnelles et la mort de ses proches

Critique : Whites Wash at Ninety
Lea Cok dans Whites Wash at Ninety

En 2018, l’écrivaine slovène Bronja Žakelj a fait ses débuts avec le roman autobiographique Whites Wash at Ninety, qui relate une enfance et une jeunesse tourmentées dans les années 1980 et au début des années 1990, une jeunesse frappée par maintes tragédies et par la mort de ses proches. L'ouvrage, devenu un best-seller dans son pays, a été traduit dans huit autres langues. Sept ans plus tard, son adaptation pour le grand écran, Whites Wash at Ninety [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
de Marko Naberšnik, coécrit avec Žakelj, a fait sa première au 31e Festival de Sarajevo, dans la section Open Air.

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La jeune Bronja (Mei Rabič) grandit dans une maisonnée animée, auprès de son frère Rok (Jaka Mehle), de sa mère Mita (Tjaša Železnik), de son père Janez (Jurij Zrnec) et de sa grand-mère Dada (Anica Dobra). C'est alors qu'approche la fin de l’école primaire que la première tragédie qui va marquer sa vie survient : elle perd sa mère, emportée par un cancer. La deuxième survient après le lycée, quand elle entame des études supérieures : Bronja (désormais interprétée par Lea Cok) apprend qu'elle a un lymphome. Peu après sa rémission, Rok (incarné par Žiga Šorli) trouve la mort dans un accident d’escalade et Dada tombe malade, puis finit par mourir. Bronja ne peut guère compter sur le soutien de son père, qui semble ne se passionner que pour la politique et la fin du communisme, ni sur ses amis ou ses petits copains, submergés par l’intensité de sa vie. Heureusement, elle a toujours une raison de vivre.

Comme il l’a montré dans ses œuvres précédentes, Marko Naberšnik sait jongler avec de nombreux personnages et diriger ses comédiens pour faire un film choral (Rooster’s Breakfast), ainsi que mener à bien un récit épique s’étalant sur une longue période (Shanghai Gypsy) et accorder un soin particulier aux détails historiques, même avec un budget serré (The Woods are Still Green). Ce dernier aspect est sans doute le grand point fort de Whites Wash at Ninety : les décors de Maja Moravec et les costumes de Nadja Bedjanić sont parfaits, et le chef opérateur Max Sušnik filme habilement tous ces accessoires authentiques. Dans chaque scène prise individuellement, l'exécution de Naberšnik est d'une remarquable précision.

Le problème vient toutefois du scénario. Hélas, le réalisateur et la romancière ne sont pas parvenus à "traduire" l’histoire ni les émotions qu’elle véhicule en changeant de médium. Aidés par la monteuse Milica Jelača, ils ont tenté d’introduire des flashbacks, pour casser l’ordre chronologique et donner au film un côté plus cinématographique, mais on note des erreurs graves dans le développement des personnages, à vrai dire quasi inexistant : la plupart frôlent la caricature et sont réduits à un seul trait ou une seule émotion sur toute une portion du film, voire tout du long.

Lea Cok fait de son mieux pour nous convaincre de la résilience de Bronja et de sa détermination à aller de l'avant, Tjaša Železnik transmet bien l’énergie éthérée de Mita dans les flashbacks, mais Jurij Zrnec a un jeu répétitif, et le rôle de Dada n'était pas fait pour la star serbe Anica Dobra. Cette dernière donne le meilleur d’elle-même, comme toujours, mais ce personnage de grand-mère attentionnée sied mal à la comédienne naturellement glamour qu'elle est.

En somme, Whites Wash at Ninety n'est pas la somme de ses parties, loin de là, et c'est regrettable, car certaines sont remarquables. Le film illustre bien ce qui peut se perdre quand on transpose quelque chose de la littérature au cinéma. La popularité du livre pourrait toutefois assurer au film, au moins, un petit succès à domicile, malgré sa maladresse.

Whites Wash at Ninety est une coproduction entre la Slovénie, la Serbie, la Croatie, la Macédoine du Nord, le Monténégro et l'Italie qui a réuni les efforts de Perfo,BibercheKinoramaBlack Cat ProductionProtos Film et Quasar.

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(Traduit de l'anglais)

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