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FILMS / CRITIQUES Italie

Critique : Amata

par 

- Elisa Amoruso raconte les parcours différents de deux femmes vers la maternité et leurs choix, libres, dans un film dramatique à la fois intime et social

Critique : Amata
Tecla Insolia dans Amata

Une jeune femme marche péniblement dans la rue, avec un ventre de neuf mois, à l'évidence sur le point d’accoucher, mais elle est seule. Une autre femme, en robe de soirée, assiste à un concert de piano, et c'est son mari sur scène. Soudain, elle manque d’air, et doit sortir de la salle. Ce qui relie ces deux femmes et la manière dont leurs destins en viennent à se frôler : voilà ce que raconte, dans un long flashback, Amata, le nouveau film d'Elisa Amoruso (à laquelle on doit Bellissime [+lire aussi :
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). Après sa première mondiale aux Giornate degli Autori de la 82e Mostra de Venise, ce titre arrive dans les salles italiennes le 16 octobre, avec 01 Distribution.

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Amata, écrit par la romancière et scénariste pour la télévision Ilaria Bernardini à partir de son livre du même nom, raconte l'histoire de deux femmes qui ont des parcours différents (pratiquement opposés) vers la maternité. Nunzia (Tecla Insolia, 21 ans et déjà lauréate de deux David de Donatello et d’un Nastro d’argento) est une étudiante de 19 ans installée loin de chez elle, libre et débridée. Elle vient de Sicile, où sa mère tient une poissonnerie. Le soir, elle sort danser et passe la nuit avec des hommes. Quand elle tombe enceinte, par accident, élever un enfant lui semble impossible. De son côté, Maddalena (Miriam Leone) est une ingénieure du bâtiment d’une quarantaine d’années qui vit dans un appartement luxueux avec son mari Luca (Stefano Accorsi), pianiste de renom. Quand un test de grossesse se révèle positif, la joie initiale du couple se mue en incertitude : ils désirent ardemment avoir un enfant, ont déjà essayé trois fois, mais craignent que cette nouvelle tentative ne s'avère un autre coup d’épée dans l’eau.

Nunzia est sur le point d’avoir un enfant, mais elle n’en veut pas. Maddalena veut devenir mère, mais n’y parvient pas. Les deux récits avancent en parallèle. D’un côté, on a la solitude d’une jeune fille qui choisit de vivre sa grossesse à l’insu de tous, convaincue qu’une fois l’accouchement passé, le bébé "disparaîtra" ; de l’autre, la frustration d’une femme dont le désir de maternité tourne à l’obsession. Entre le deux, il y a les boîtes à bébés, qu’on appelait autrefois des "tours d’abandon" : de petits berceaux chauffés, installés à proximité des hôpitaux, où les mères en difficulté peuvent déposer leur nouveau-né, en sécurité et en tout anonymat. Au bout de 40 secondes, le volet se referme, et la mère a dix jours pour revenir sur sa décision. Passé ce délai, l’enfant peut être proposé à l’adoption.

En Italie, 300 bébés par an ne sont pas reconnus à leur naissance, nous est-il rappelé à la fin d'Amata. Le film d’Amoruso fait le jour sur le sujet en l’abordant avec délicatesse et humanité. Le fil narratif qui s'articule autour de Nunzia se distingue par son aspect très viscéral, en grande partie grâce au talent d'Insolia, alors que Leone travaille davantage sur les émotions contenues et les non-dits. Le résultat est un drame intime et social en même temps qui, malgré quelques moments un peu didactiques (comme les séances chez la psychologue interprétée par Donatella Finocchiaro ou les passages où on a l'impression de frôler la tragédie avec des regards qui se portent sur le vide, que ce soit d’un balcon ou d’un échafaudage sur un chantier), parvient à transmettre, sur les notes de la splendide chanson "Te lo leggo negli occhi" de Franco Battiato, le sens profond du libre choix de deux femmes quant à la manière dont elles veulent devenir mères, et au moment où elles le souhaite(ro)nt.

Amata a été produit par MeMo Films et Indiana Production avec Rai Cinema. Les ventes internationales du film ont été confiées à Rai Cinema International Distribution.

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(Traduit de l'italien)

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