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GENÈVE 2025

Critique série : A Sámi Wedding

par 

- Åse Kathrin Vuolab propose une série comique teintée de drame qui célèbre la culture sami sans cacher les difficultés que cela représente d’en faire partie

Critique série : A Sámi Wedding
Per John P. Eira et Sárá Gáren Ánne Nilut dans A Sámi Wedding

La série A Sámi Wedding, créée par Åse Kathrin Vuolab et réalisée par elle et Pål Jackman, sélectionnée dans la compétition internationale dédiée aux séries du Geneva International Film Festival (GIFF) après sa projection dans la section Primetime de Toronto, se déploie, comme l’annonce son titre, autour de l’organisation d’un mariage tout sauf banal. Au fil des huit épisodes (de 30 minutes chacun) qui composent cette série norvégienne, l'héroïne, Garen (magnifiquement interprétée par Sara Margrethe Oskal), fait son possible pour sauver l’honneur de la famille en organisant, en un mois à peine, le mariage de son fils Ailo (Per John P. Eira) avec la fille de sa riche rivale. La série, située à Kautokeino, une petite ville enneigée du nord de la Norvège, rend hommage à la culture sami, respectueusement mais sans pour autant oublier d’en souligner les paradoxes, et de mettre en lumière combien il est difficile de continuer de porter sur ses épaules une tradition ancestrale qui se heurte parfois violemment au réel.

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Sans se soucier de ce que souhaite son fils, qui voudrait une cérémonie simple en petit comité, Garen entreprend d'accomplir l’impossible, à savoir mettre en place un véritable mariage sami, de ceux qui exigent normalement au moins un an de préparatifs, et la collaboration de familles entières. Malheureusement pour Garen, elle a autour d'elle peu de gens sur lesquels elle peut compter, et ils se montrent difficiles à convaincre. Les personnes en question sont ses deux frères, Harry (Ánte Siri), qui vit à New York avec son compagnon afro-américain, et Johan (le jeune Ivan Aleksander Sara Buljo), une espèce de don Juan de l’extrême nord, ainsi que sa sœur Belle (Inga Marja Utsi, pour la première fois à l'écran), au caractère rebelle. Ce qui rend ces anti-héros particulièrement touchants, c'est précisément leurs nombreux défauts, et leur désarmante sincérité. Le chaos qu’ils provoquent (parfois malgré eux) et l’humour qui les caractérise permettent à la série d’embarquer le public du début à la fin. La part d'ombre dont les a dotés la créatrice distingue A Sámi Wedding de productions comme Mariage à la grecque et l'emmène sur des terrains plus glissants, comme les sujets délicats du racisme, de l’homophobie, des violences sexuelles ou encore de l’appropriation culturelle.

Le choix d'acteurs majoritairement d’origine sami (pour beaucoup des novices à l'écran) permet à la série d’adhérer parfaitement, avec sincérité et authenticité, à son sujet, et confirme la volonté des auteurs d'évoquer avec respect et précision les traditions des peuples autochtones du nord de la Norvège, un respect qui n'empêche pas la série, et c’est là une autre grande force de A Sámi Wedding, de pointer du doigt les paradoxes d’une culture qui n’est pas exempte de traditions sexistes, où la hiérarchie sociale empêche les plus humbles de jouir des mêmes privilèges que les plus riches, où les commérages sont omniprésents et où chaque faux coûte très cher. A Sámi Wedding est une comédie très drôle qui sait aussi se muer en quelque chose de plus sombre et mystérieux, et c’est précisément cette ambigüité qui la rend unique, surprenante et novatrice. Garen parviendra-t-elle à organiser le mariage du siècle ? Et si oui, à quel prix ?

La série A Sámi Wedding a été produite par Mer FilmTordenfilm et Forest People. Ses droits internationaux sont gérés par REinvent Studios.

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(Traduit de l'italien)

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