PRODUCTION / FINANCEMENT Espagne / Luxembourg
Jorge Dorado s'essaie au mélodrame historique avec Las vidas posibles de mi madre
par Alfonso Rivera
- Après plusieurs thrillers, notamment Mindscape, le cinéaste espagnol aborde son projet le plus personnel, né du journal intime de sa mère, avec Marina Guerola, Ana Wagener et Quim Àvila

Ça tourne, en ce moment, pour Las vidas posibles de mi madre (The Possible Lives of My Mother), un film de Jorge Dorado, réalisateur surtout connu pour ses thrillers, notamment Objetos [+lire aussi :
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fiche série] ou encore Gigantes. Son nouveau film est en revanche né d'un manuscrit et de photographies retrouvés chez sa mère. À partir de cette découverte, le cinéaste a entrepris de faire un voyage intime pour reconstruire la vie d’une femme (et des autres femmes de sa génération) confrontée aux préjugés, aux passions et à la société de son époque.
La distribution comprend Marina Guerola (nominée aux Goya pour Los destellos [+lire aussi :
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fiche série]), Aida de la Cruz (de Marisa en los bosques [+lire aussi :
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Le scénario, signé par Dorado, Natxo López et Teresa de Pelegrí, nous fait découvrir une héroïne qui conduit à contresens. Il s'agit de Luisa, une dame de quatre-vingts ans dont la mémoire défaillante commence à lui brouiller les pistes. Désorientée, elle a un accident. Son fils cadet, Jorge, est un réalisateur dans une mauvaise passe qui fait des séries et des films de commande. Eva, son aînée, traîne avec elle de vieux ressentiments : elle estime que sa mère n’a pas toujours fait de la place pour elle. Il y a longtemps que l'un comme l'autre se sont éloignés de Luisa, et entre eux aussi, une distance s’est installée qui semble irréparable, mais l’accident les oblige à se retrouver.
Le cinéaste explique : “Las vidas posibles de mi madre raconte la redécouverte d’une femme et, à travers elle, de tout un siècle d’émotions, de silences et de souvenirs. En 2011, ma mère s’est trompé de voie en prenant une bretelle d’autoroute et elle a roulé sur plusieurs kilomètres à contresens. Comme ça m'a fait peur, je l’ai emmenée chez plusieurs médecins, et tous en sont arrivés au même diagnostic : elle avait la maladie d'Alzheimer, mais s’était efforcée de le cacher à mes frères et à moi. Comme elle ne pouvait plus vivre seule, il a fallu vider sa maison. Parmi les documents qui se sont alors retrouvés entre mes mains, il y avait des albums de photos et une disquette sur laquelle elle avait écrit, à la main, 'Biographie'".
“À ce moment-là, poursuit Jorge Dorado, j’ai découvert qu’elle avait eu une vie intense, pleine de carrefours, de décisions courageuses et de contradictions. À 22 ans, elle a été mère célibataire à Paris après avoir fui, enceinte, la maison de ses parents, où elle vivait une situation asphyxiante. Dans les années 1960 et 1970, elle a vécu entre amours impossibles, luttes politiques, changements sociaux et désir constant de liberté. À Paris comme à Madrid, elle a rencontré des artistes, des acteurs, des militaires et des intellectuels qui se battaient pour changer le monde… Je n’aurais jamais imaginé qu’elle ait pu être témoin de l’histoire de l’Espagne et prendre part, parfois par accident, à certains des événements les plus marquants de cette époque”.
Las vidas posibles de mi madre est produit par Adrià Monés pour Fasten Films et Borja Pena pour Vaca Films, avec Alexandra Hoesdorff et Desirée Nosbusch pour Deal Productions (Luxembourg). Le film est financé par l’ICAA, l’ICEC, Europe créative-MEDIA et Film Fund Luxembourg, et bénéficie aussi de la participation de RTVE, Movistar Plus+ et Netflix.
(Traduit de l'espagnol)
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