email print share on Facebook share on Twitter share on LinkedIn share on reddit pin on Pinterest

FILMS / CRITIQUES Espagne

Critique : Olivia et le tremblement de terre invisible

par 

- Le premier long-métrage d'Irene Iborra est un film en stop motion qui présente l'imagination comme une arme infaillible contre la réalité, cruelle et injuste

Critique : Olivia et le tremblement de terre invisible

Olivia et le tremblement de terre invisible [+lire aussi :
interview : Irene Iborra
fiche film
]
, nominé pour les prix du meilleur film et du meilleur long-métrage d’animation aux prochains European Film Awards, ainsi que pour le Goya du meilleur film d’animation, marque les débuts dans le format long d'Irene Iborra, une cinéaste très prisée dans le monde du court qui s’est prise de passion pour le livre La película de la vida, de son amie Maite Carranza, et qui a décidé de l’adapter pour le grand écran. Le résultat, dévoilé en première mondiale à la dernière édition du Festival d’Annecy (raflant le Prix à la diffusion de la Fondation Gan), a ensuite joué à Locarno, à la Seminci et à Gijón (entre autres festivals). Il est sorti dans les salles espagnoles le 21 novembre, avec Filmax, et le voilà qui arrive dans les cinémas français, le 21 janvier, avec KMBO.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Dans cette adaptation, on suit les aventures (ou mésaventures) d’une famille composée d’Ingrid, une actrice en mal de rôle dont le compte en banque est dans le rouge (doublée, dans la version espagnole, par la triple lauréate du Goya Emma Suárez) et de ses deux enfants : la jeune héroïne éponyme, une fille curieuse, sensible et pleine d'empathie qui observe le monde à travers l’appareil photo de son téléphone portable, en bonne cinéaste en herbe, et son petit frère Tim. Quand la situation économique du foyer se complique, Olivia va tenter d’éviter que son cadet ne souffre trop en lui faisant croire que tout ce qui se passe autour d'eux n’est pas réel, mais que c'est une fiction qui fait partie d’un film.

Autant dire que le film brandit bien haut l'étendard de l’imagination, cette arme fabuleuse, idéale pour échapper aux problèmes et supporter la vie. Le problème, c’est que porter autant de responsabilités, face à des questions dramatiques, sur d'aussi frêles épaules peut provoquer de l’anxiété, ici représentée par un tremblement de terre invisible qui ouvre des fissures sous les pieds d'Olivia et la fait tomber dans des abîmes où cohabitent rêve et réalité.

Usant de la technique du stop motion et d'interludes en ombres chinoises et en animation de sable, ainsi que de chansons optimistes, Iborra ose (à l'instar du film encensé Ma vie de Courgette [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Claude Barras
fiche film
]
) parler avec franchise aux plus jeunes de la maisonnée de sujets délicats et sérieux, comme les expulsions et la dépression, mais sans tomber dans le pathos et toujours en se tournant vers les zones de lumière : celles que représentent des personnages secondaires, un groupe métissé qui finit par devenir la nouvelle famille des personnages. C'est qu'en bonne compagnie, on endure mieux les problèmes.

Olivia et le tremblement de terre invisible a été produit par les sociétés espagnoles Citoplasmas StopmotionKinetic ArmaturesCornelius Films et Bígaro Films avec la française Vivement Lundi!, la belge Panique! Production, la suisse Nadasdy Film et la chilienne Pájaro. Les ventes internationales du film sont assurées par la grande enseigne française Pyramide International.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'espagnol)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy