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FILMS / CRITIQUES Royaume-Uni / États-Unis

Critique : 28 ans plus tard : Le Temple des Morts

par 

- La saga de zombies continue de cheminer d'un pas titubant avec ce quatrième volume terrifiant, mais composé avec soin, réalisé par Nia DaCosta

Critique : 28 ans plus tard : Le Temple des Morts
g-d: Erin Kellyman, Ghazi Al Ruffai, Jack O’Connell, Maura Bird et Alfie Williams dans 28 ans plus tard : Le Temple des Morts

Le film de zombies est par excellence le sous-genre, dans le registre horrifique, qui refuse de mourir. Il finit toujours par se relever de sa tombe affamé, sa diction altérée, comme un exquis cadavre qu’on peut toujours rhabiller selon les tendances actuelles de l’industrie. L’année dernière, avec 28 ans plus tard [+lire aussi :
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, Danny Boyle et le scénariste Alex Garland ont donné une suite au film novateur qu'ils avaient fait en 2002, 28 jours plus tard, et démarré une trilogie à gros budget réunissant deux collaborateurs qui ont tendance à mieux s’épanouir ensemble que séparément, comme l’attestent le succès artistique et le petit succès commercial des deux films. 28 ans plus tard : Le Temple des Morts, dont le sous-titre renvoie à un lieu terrifiant qui est un décor clef dans les trois nouveaux films, a été confié à la réalisatrice américaine Nia DaCosta, très compétente, après quoi Boyle s'occupera du chapitre final. Hélas, le film souffre d’un effet de rendement décroissant et ne recourt presque pas aux textures de vidéo numérique innovantes qui distinguaient jusqu'ici la saga. Le film sort dans le monde entier cette semaine, avec Sony Pictures Releasing.

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Le dernier film se concluait sur un cliffhanger alarmant : la secte des Jimmys (dont le leader, Lord Jimmy Crystal, joué par Jack O’Connell, porte la tenue grossièrement ornementée de la personnalité de la télévision britannique en disgrâce Jimmy Saville) enlève le jeune héros, Spike (Alfie Williams). Les membres de la secte, affublés de postiches d'un blanc immaculé, de combinaisons et de crucifix retournés, forment une meute de pseudo-satanistes au moins aussi sinistres que les humains "infectés" qui rôdent dans le Nord-Est de l’Angleterre. On retrouve ici un autre personnage qu'on nous avait présenté dans le volet précédent, dans un rôle plus important : le Docteur Ian Kelson (incarné par un Ralph Fiennes très investi), qui est déjà un personnage iconique du cinéma de genre contemporain. L'homme, qui était auparavant médecin dans le public et fier de l'être, symbolise à la fois la rationalité scientifique et une indéniable désagrégation psychologique, bien soulignée par son survivalisme d’ermite (notamment sa peau décolorée par l’iode dont il se couvre pour se protéger et par le sang), et par la nouvelle spiritualité, grotesque mais intuitive, qu’il promeut, qui se résume par la formule “memento mori”.

La saga rappelle la trilogie Living Dead de Romero, qui reste une influence majeure pour Garland et dont les dynamiques narratives s'articulaient toujours autour des personnages d'humains survivants et de leur instinct de survie mis à rude épreuve. Cela se reflète dans le cas de l'innocent Spike, qui a fui la communauté isolationniste de sa famille, sur l’île de Lindisfarne, et tente de se protéger au sein du relatif sanctuaire que représentent les Jimmys, parmi lesquels il trouve une alliée en Jimmy Ink (Erin Kellyman), une libre-penseuse que la vision anarchiste du monde et le dogme violent de Crystal laissent dubitative, mais qui n’en protège pas moins la secte de la population infectée.

Le commentaire social formulé ici, plus subtil que ce qu'on avait dans le récent long-métrage Civil War [+lire aussi :
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, de Garland, sert davantage de porte d’entrée aux scénarios dystopiques ainsi qu'aux idées pulp et cérébrales dont le cinéaste est féru qu'elle ne joue un rôle didactique précis, comme en témoigne une joute verbale qui constitue un point culminant du film, accompagnée par un morceau de metal endiablé des années 1980, scène qui mêle énergiquement prétention et théâtralité exubérante. Plutôt que de laisser l’imagerie suggestive du film en suspens, pour que l'imagination s'y engouffre, comme le fait Boyle dans le premier volet, Garland et DaCosta donnent toutes les explications nécessaires sur les fils rouges narratifs principaux des deux films et offrent au public une forme de clôture, ce qui donne aux intrigues relatées l'allure de casse-têtes de scénario à résoudre, et laisse transparaître une certaine volonté d’efficacité.

28 ans plus tard : Le Temple des Morts a réuni les efforts du Royaume-Uni et des États-Unis, à travers les sociétés DNA FilmsDecibel Films et Columbia Pictures.

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(Traduit de l'anglais)

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