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TROMSØ 2026

Critique : The Last Paradise on Earth

par 

- Le film de Sakaris Stórá, grand gagnant du Prix de cinéma du Conseil nordique, est comme un petit miracle dont le héros veut rester dans les Îles Féroé alors que tout le monde veut partir

Critique : The Last Paradise on Earth
Sámal Hildibjartsson Hansen dans The Last Paradise on Earth

La plupart des gens se disent sans doute qu'il n’y a pas grand chose à faire sur les îles Féroé. Pour Kári (Sámal Hildibjartsson Hansen), la vingtaine, c'est très bien comme ça. The Last Paradise on Earth [+lire aussi :
interview : Sakaris Stórá
fiche film
]
, qui a remporté le Prix de cinéma du Conseil nordique 2025, remis par le Fonds Nordisk Film & TV, est le deuxième long-métrage du réalisateur féroïen Sakaris Stórá et le premier film en provenance des îles danoises à être nominé pour ce prix et à le recevoir. Stórá s'était déjà fait remarquer pour le court-métrage Winter Morning, qui reçu un prix dans la section Generation KPlus de la Berlinale en 2014. The Last Paradise on Earth, réalisé à partir d'une histoire écrite par le réalisateur et scénarisée par lui avec Tommy Oksen et Mads Stegger, a récemment joué au Festival international du film de Tromsø, en Norvège, dans la section Films du Nord. Stórá lui-même a étudié la réalisation de films au nord de la Norvège.

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Le héros du film vit dans une petite ville avec son père célibataire et sa sœur Silja (Bjørg Brynhildardóttir Egholm), en plein âge ingrat. "Va couper du poisson ou trouve-toi une vie", hurle-t-elle à Kári, d'apparence taciturne, ce qui ne veut pas dire que derrière la surface, un flot d’émotions ne demandent pas qu’à jaillir. L'incommunication est une des caractéristiques principales des dynamiques existant dans cette famille depuis la mort de la mère, qui a plongé le frère et la sœur dans un deuil profond, mais silencieux. Quant au père de Kári (Hans Tórgarð), il ne lui annonce qu'il part travailler sur un bateau que la veille de son départ, laissant son fils en charge du foyer familial.

Kári, vêtu d'un poncho bleu, travaille à l’usine de poisson locale, qui est sur le bord de la faillite. Il découpe des poissons entiers dans le cadre d’une ligne d’assemblage. Ce n’est sans doute, pour la majorité, pas un travail de rêve, mais ça ne le dérange pas. Tout le monde dans sa vie semble avoir résolu de quitter les îles Féroé pour tenter sa chance ailleurs, y compris son ami Regin (Bjørn M. Mohr) et la fille dont il est amoureux, Elin (Esther á Fjallinum), tout le monde sauf lui.

Mais qu’une chose soit claire : son état émotionnel compliqué n'a rien de complaisant, ce que transmet habilement l’interprétation de Hildibjartsson Hansen en quelques mots seulement, ainsi qu’à travers le travail caméra à l’épaule de la cheffe opératrice Virginie Surdej, qui s'est déjà occupée du film précédent du réalisateur, et de tous ceux de Maryam Touzani. L'immense beauté des paysages (montrés dans des plans grand angle spectaculaires avec peu de personnages) frappe le spectateur en pleine face, mais ce décor ne distrait jamais de l’impact du récit. Une musique d’ambiance dominée par les cordes (composée pour le film par Hettarher) accompagne de loin en loin les images des îles Féroé, dont l’atmosphère oscille entre pays de rêve au ciel limpide et terre de brouillard – un geste symbolique qui souligne ce que tenons tous pour acquis et ne savons plus apprécier. Le décor illumine en silence l’amour de Kári pour sa terre, chose qu'il semble être le seul à remarquer.

Sa propre insistance, douce mais ferme, sur son désir de rester fait progressivement de lui une partie intégrante de cette communauté et remet en cause le statu quo, ainsi que les raisons pour lesquelles tout le monde veut partir. Stórá propose ici un film riche en thèmes qui vaut le détour, bien qu'il reste discret, et fait l'effet d'une ode émouvante aux îles Féroé, au lieu où l'on se sent chez soi en général et à la profondeur de chaque être même. C'est un film qui parle à la fois de ce qui change et de ce qui demeure.

The Last Paradise on Earth a été produit par la société danoise Adomeit Film ApS et l'enseigne féroïenne Outlier Projects (anciennement connue comme Kykmyndir). Les ventes internationales du film ont été confiées à Reinvent Yellow (Copenhague).

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(Traduit de l'anglais)

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