email print share on Facebook share on Twitter share on LinkedIn share on reddit pin on Pinterest

SUNDANCE 2026 Compétition World Cinema Dramatic

Critique : Hold Onto Me

par 

- Myrsini Aristidou écrit, réalise et monte un premier long en forme de récit d'apprentissage situé à Chypre, articulé autour du lien entre une fille et un père qui ne se voyaient plus depuis longtemps

Critique : Hold Onto Me
Maria Petrovam et Christos Passalis dans Hold Onto Me

Iris (la débutante Maria Petrova), 11 ans, passe un été chypriote idyllique quand elle apprend que son grand-père vient de mourir et que son père Aris (Christos Passalis), parti depuis longtemps, est de retour en ville pour les obsèques. Le personnage d'Iris renvoie à une figure récurrente dans le travail de Myrsini Aristidou, originaire de Chypre mais formée à l'Université de New York : ses deux courts métrages, Semele (2015, Prix spécial du jury dans la section Generation KPlus de Berlin) et Aria (2017, Prix Orizzonti du court-métrage à Venise), partaient d’un postulat similaire, avec comme personnage central une petite fille qui cherche à resserrer ses liens avec son père.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Hold Onto Me [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Myrsini Aristidou
fiche film
]
, tourné en grec, présentement en lice à Sundance (World Cinema Dramatic Competition), où le film vient de faire sa première mondiale, baigne initialement dans les doux tons de bleu du ciel et de la mer. Les vagues de l’océan, qui deviennent chez Aristidou un motif de prédilection, évoquent quelque chose d'excitant et aventureux, mais peuvent aussi faire un peu peur quand elles s'agitent. Le jaune orangé du soleil couchant et la palette pastel dans laquelle l'environnement de l'intrigue est rendu fait l'effet d'une chaleureuse étreinte plus que d'un rappel brutal à la réalité : ici, ce qu'on cherche, c'est la rédemption, quitte à devoir la mériter en payant de ses efforts, et non lecchagrin.

Livrée à elle-même, Iris a dû grandir vite. La chose est évidente dès le début du film, où sa mère se hâte de partir en vacances avec son nouveau petit ami et la laisse avec un peu de pain, du lait et son grand frère Fivos (Nicolas Metaxas), qu’on ne reverra pas beaucoup par la suite. Sa meilleure copine est Danae (Jenny Sallo), un peu plus âgée, et donc davantage intéressée par les garçons. La caméra du directeur de la photographie Lasse Ulvedal Tolbøll se met à errer comme Iris, souvent à sa hauteur (les têtes des adultes sont fréquemment coupées en haut du cadre), mais bifurque aussi régulièrement pour rendre compte des charmants accès d'espièglerie de la petite jeune fille.

Iris n’a pas peur de mettre Aris devant ses responsabilités, bien qu'il s'intéresse beaucoup plus à la vente des biens de son père à lui, pour récupérer de l’argent, qu’à la fille qu’il a abandonnée il y a de nombreuses tant d’années. Ainsi, elle arrive à le convaincre de l'emmener avec lui tandis qu'il s'affaire. Malgré ses tentatives répétées de la chasser, et non sans quelque hésitation au début, elle s’attache vite à lui et ne le quitte plus, comme si elle était fixée à son flanc par une bande velcro. De son côté, il se met à changer d’avis quand il découvre que le charme de sa fille peut être utilisé pour soutirer plus d’argent aux pigeons qui traînent dans le coin. Par la suite, son affection va évoluer de manière plus marquée, un parcours émouvant à suivre.

Bien que le film soit bien exécuté sur les plans formel et stylistique, le récit et la trajectoire des personnages restent assez convenus. Ceci étant dit, la complicité évidente entre Petrova et Passalis (qui peut s'exprimer par un sourire mutin, ou un soupir en coin) facilite une montée en puissance réussie jusqu'à la séquence finale d’environ quinze minutes, satisfaisante quoiqu'un brin mélodramatique. Les personnages sont accompagnés tout du long par un duo piano-guitare composé par Alex Weston (auteur des musiques de The Farewell de Lulu Wang) qui paraît décontracté, mais reste tellement en surface du récit que le spectateur ne peut pas entièrement entrer dedans, en plus d'accentuer l'aspect un peu standard du film.

Hold Onto Me a été produit par Filmblades (Chypre), 1.61 Films (Chypre), Fredo Pictures (Danemark), Graal Films(Grèce), le ministère de la Culture de Chypre - Département culture contemporaine, et la Société de radiodiffusion et télévision hellénique, avec le soutien de l'Institut du film danois (Danemark), de Pleasant Bay Pictures (États-Unis) et de Mango Productions (États-Unis). Les ventes internationales du film sont gérées par Cercamon (Dubaï).

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy