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GÖTEBORG 2026

Critique : La lumière ne meurt jamais

par 

- Lauri-Matti Parppei livre un petit bijou de film riche en humour pince-sans-rire, en tendresse joueuse et en sons musicaux cacophoniques

Critique : La lumière ne meurt jamais
Samuel Kujala et Anna Rosaliina Kauno dans La lumière ne meurt jamais

A Light That Never Goes Out, de Lauri-Matti Parppei, a fait sa première mondiale à l’ACID pendant le 78e Festival international du film de Cannes. Depuis, cette petite comédie dramatique musicale finlandaise a gagné, sans discontinuer, de plus en plus de visibilité, jouant à des festivals comme Bucarest, Reykjavik, Riga, São Paulo, Thessalonique et, la semaine dernière, Göteborg dans la section Nordic Lights, où elle était parfaitement à sa place. Le film arrive également dans les salles françaises cette semaine, distribué par Les Alchimistes.

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Pauli Paavilainen (Samuel Kujala), 29 ans, prodige de la musique, n’est pas dans une phase heureuse de sa vie. Dans la métropole qu'est Helsinki, il a une belle carrière de flûtiste au sein d'un prestigieux orchestre philharmonique, mais il a clairement subi une sorte de craquage nerveux, car le voilà qui retourne chez ses parents, dans sa ville natale, Rauma, sur le golfe de Botnie, avec sa flûte à la main (et rien d’autre). Sur place, il se fait engager pour un concert, mais au lieu de répéter, il décide de briser son précieux instrument. Il le regrette instantanément et va chez le réparateur d'instruments local, où il tombe par hasard sur Iiris (Anna Rosaliina Kauno), une ancienne camarade de classe qui n’hésite pas elle-même à traiter ses instruments avec brutalité, quoique de manière légèrement plus créative.

"Je veux créer quelque chose que personne n’a jamais entendu avant", dit-elle à une fête où elle a amené Pauli, bien que ni l’un ni l’autre n’ait été invité. "Une chose pour laquelle l’humanité n’est pas prête", ajoute-t-elle. Ainsi, Paul et Iiris décident de former un groupe en utilisant des synthétiseurs vintage et des guitares distordues voire, de temps en temps, un fouet électrique ou un cintre. Pauli joue parfois un bandeau sur les yeux. Iiris invente des dogmes. L’un d'eux dit : "Nous ne sommes pas un groupe", mais dans les faits, les deux amis continuent de jouer et d'élargir leur catalogue de morceaux, et ils finissent même par se retrouver au concert local pour lequel Pauli a été engagé, juste après un duo romantique avec des instruments à cordes. Paul n’a pas amené sa flûte... mais en même temps, il se sent de moins en moins brisé à mesure que le temps passe.

Le scénario charmant de Parppei est si intensément chargé d’humour pince-sans-rire qu'il ferait presque de la concurrence à Aki Kaurismäki, mais le cinéaste nimbe aussi son film d'une tendresse joueuse que son formidable compatriote pratique un peu moins. Si un autre de ses collègues nordiques devait venir à l’esprit, ce serait le Lukas Moodysson plus touchant de We Are the Best! [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
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, qui parlait d’ailleurs aussi de musique et de jouer, parfois de manière un peu moins charmante. Ceci étant dit, les concepts musicaux proposés par le film de Parppei sont assez élaborés et intéressants, vraiment d’avant-garde, à vrai dire (le film plaira aux fans de Captain Beefheart et consorts), et il faut souligner que tous les acteurs qu'on voit à l’écran jouent vraiment, sans aucun doublage. Créer un récit optimiste sincère autour d’une telle cacophonie fonctionne bien, vraiment bien.

Lors de sa première à Cannes, ceux qui ont vu A Light That Never Goes Out ont découvert un vrai petit bijou que certains ont peut-être même intégré à leur Top 10 de l’année. Voir que le film continue de voyager devrait apporter de l’espoir, au moins celui de voir d'autres travaux de ce jeune cinéaste finlandais qui sait trouver un équilibre entre obscurité et lumière, qui adore clairement ses acteurs et sait s’aventurer sur le terrain de l’étrange – a-t-on mentionné le berger allemand bleu qui luit dans le noir ?

A Light That Never Goes Out a été produit par Made (Finlande) et Good Time Pictures (Norvège). Les ventes internationales du film sont assurées par Patra Spanou Film.

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(Traduit de l'anglais)

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