email print share on Facebook share on Twitter share on LinkedIn share on reddit pin on Pinterest

GÖTEBORG 2026

Critique : Butterfly

par 

- Dans ce drame familial, Itonje Søimer Guttormsen, qui aime abattre les frontières, fait précisément cela et ne se prive pas d'ajouter à l'ensemble une bonne dose de performance et d'art conceptuel

Critique : Butterfly
Helene Bjørneby et Renate Reinsve dans Butterfly

Une première mondiale presque simultanée à Rotterdam et Göteborg, c'est exactement ce qu'il fallait au nouveau film de la réalisatrice norvégienne des marges Itonje Søimer Guttormsen, qui a pratiquement dédié sa carrière aux projets qui transcendent les frontières de tous types. Comme son premier long-métrage, Gritt [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Itonje Søimer Guttormsen
fiche film
]
, son petit dernier, Butterfly [+lire aussi :
interview : Itonje Søimer Guttormsen
fiche film
]
, contient des doses généreuses de performance et d'art conceptuel, et s’aventure aussi du côté des rituels.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
dream-of-another-summer_Pere Marzo

Tout commence comme un drame familial mâtiné de thriller criminel. Une Norvégienne de 68 ans est retrouvée électrocutée dans un dôme astronomique, sur la Grande Canarie. Ses deux filles, qu'elle ne voyait plus – Diana, qui travaille dans une garderie en Norvège, et Lily, artiste de performance installée à Hambourg (qu'on voit même porter un énorme pénis en plastique) – retournent ainsi là où elles ont grandi, quand leur mère était dans l'accueil des touristes. Diana, l'aînée réservée, est jouée par Helene Bjørnby, mémorable dans Julie en 12 chapitres [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Joachim Trier
fiche film
]
de Joachim Trier, où elle était la femme qui se cogne la tête sur une lampe en dansant, dans la maison de vacances où se réunissent les copains du petit ami de Julie, Aksel. Le rôle de Lily, la cadette à l'air renfrogné, est interprété par l'actrice même qui jouait Julie dans le film de Trier, Renate Reinsve, et elle n'est pas franchement une meilleure personne qu'elle. De plus, Reinsve, visage désormais très connu qui représente dans le monde la vivacité nordique et dont le parcours actuel vers les Oscars est tout à fait captivant, est ici presque méconnaissable : elle est couverte de piercings et de marques sur la peau, a les sourcils épilés et des boutons de fièvre (un travail magistral de la part du département maquillage). Une explication possible du fait que les deux sœurs ont des personnalités très distinctes est qu'elles n'ont pas le même père. Quant à la mère qu’elles ont en commun, elle couchait toujours à droite à gauche.

La mère, Vera, un personnage haut en couleur incarné par l'iconique pin-up Playboy des années 1970 Lillian Müller, apparaît au début du film et dans des vidéos. Après avoir repris sa vie en main, elle est restée sur la Grande Canarie, où elle a acheté un terrain et monté un centre spirituel appelé Butterfly Retreat, proposant "une transformation en sept étapes". Le dôme astronomique, conçu pour purifier les pensionnaires et aider à leur renaissance, est devenu pour elle un piège fatal. Diana et Lily arrivent pour inspecter l’héritage laissé par leur mère, espérant le mettre en vente puis repartir et reprendre leurs vies respectives. Une fois sur place, elles tombent sur Chato, le partenaire de Vera, présentement recherché en tant que principal suspect de l'enquête sur sa mort. Numan Acar, qu'on connaît de Homeland et de la saga Spiderman, peut certainement paraître menaçant quand il le faut, mais Chato n'est pas comme ça, et va ouvrir les deux sœurs à des réalités d'un autre monde, comme la renaissance sensorielle et le dépoussiérage du passé.

Comme on l'a dit, Itonje Søimer Guttormsen aime franchir les frontières établies, et elle ne manque pas de le faire à ce moment du film. Soudain, Butterfly n’est plus un récit à mystère articulé autour d'un crime. Les deux sœurs restent sur l'île et font connaissance avec l'univers de leur mère à travers les gens qu'elle fréquentait, souvent eux aussi en quête de spiritualité. Une de ces personnes est la Norvégienne Gritt (le personnage principal du film précédent de la réalisatrice). Les autres sont vraiment des résidents de l'île, des gens proches de la nature, spécialisés dans les rituels qui s'y rattachent. Le glissement graduel de l’intrigue vers un autre axe a aussi l'intérêt de bien souligner ce qui est probablement le propos principal du film, et celui qui enveloppe tout le reste : l'idée d'accepter le passé et de savoir tourner la page. Au bout du compte, c'est ça, le véritable héritage qu'a laissé la mère, et celui-ci n’est pas à vendre.

Butterfly est une coproduction entre la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni et l’Allemagne qui a réuni les efforts de Mer Film, Zentropa International Sweden et Quiddity Films. Les ventes internationales du film sont assurées par Protagonist Pictures.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy