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SUNDANCE 2026 NEXT

Critique : The Incomer

par 

- Louis Paxton présente une comédie dramatique décalée à la sauce écossaise, sur un frère et une sœur qui vivent en reclus sur une île et sur l'inconnu qui débarque et interrompt leur isolement

Critique : The Incomer
Domhnall Gleeson dans The Incomer

Au lieu de commencer par un avertissement au spectateur sensible classique, cette critique va commencer par un avertissement au spectateur qui n'aime pas la fantaisie. En effet, si vous n’aimez pas les films bizarres et excentriques (ou les premiers films de cinéastes comme Taika Waititi et Yorgos Lanthimos), vous risquez fort de ne pas correspondre au public-cible de The Incomer. Enfin, peut-être que si... Ce film, que vient de présenter le réalisateur écossais Louis Paxton dans la section NEXT de Sundance, où il a reçu le Prix NEXT de l'innovation (lire l'article), représente exactement le mélange d'excentricité et de charme qu'on attend de ce festival en général, et de cette section en particulier.

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Isla (Gayle Rankin) et son frère Sandy (Grant O'Rourke), a priori dans le début de leur trentaine (quoiqu’ils ne possèdent pas de calendrier ni aucune autre invention moderne qui leur permettrait de vérifier leur âge), ont grandi seuls sur une île écossaise reculée. Leur routine quotidienne est simple, mais pas du tout banale. Pour manger, ils chassent des oiseaux, pour se réchauffer, ils allument un feu dans la cheminée, pour s'amuser, ils se font des farces, pour les conversations sincères, ils parlent à une créature de la mer qui fait l'effet d'un chat du Cheshire galeux, et ils racontent aussi des histoires. Ils ont toutefois une mission sérieuse dans la vie : défendre la verdure et les rochers de l'île contre tout intrus qui arriverait du continent. Comme l'exige la dramaturgie, cet individu importun va bien sûr faire irruption et déranger leur paisible existence.

Cette personne est un type presque tout aussi atypique qu'eux : Daniel (Domhnall Gleeson), employé d'une agence publique qui récupère les terres, bien que sa véritable passion soit d'écrire de la fiction de fan mêlant Le seigneur des anneaux avec des récits comme Predator. C'est un type qui ne croit pas non plus à l'idée de manger de la viande, et amène avec lui sur l'île des choses étranges, comme une banane et un téléphone portable. Une guerre des mondes est inévitable, aussi inévitable que les liens profonds qui vont se nouer entre le nouvel arrivant et les deux autochtones.

À mesure que le récit avance, Paxton (qui s'est inspiré de la véritable histoire d’un frère et d’une sœur qui ont vécu dans des conditions similaires, ainsi que de ses propres origines dans les Orcades) use de tous les trucs et astuces à sa disposition. Il va même jusqu’à mettre ses personnages dans des costumes d'épouvantails, ce qui est un pur régal pour le spectateur. Certaines scènes, et l’atmosphère d’ensemble de The Incomer, rappellent les premiers travaux de la Nouvelle Vague grecque, notamment Canine [+lire aussi :
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de Yorgos Lanthimos et Attenberg [+lire aussi :
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d'Athina Rachel Tsangari, mais le cinéaste écossais ne les copie pas non plus. Il penche parfois dangereusement d’un côté de la barque, avec son écocentrisme, mais il ne dessale jamais. 

Paxton ne reste pas non plus en surface : il plonge vraiment dans les profondeurs de son sujet et se demande, indirectement, ce que le monde "civilisé" fait vraiment pour nous. Certes, il nous apporte des avocats importés du Brésil et autres articles de luxe de ce type, mais en échange, il demande souvent de sacrifier toutes les choses uniques et bizarres, du moins tout ce qui n’est pas considéré comme normal ou standard. Évidemment, Paxton ne dit rien ici d’extrêmement nouveau, et d’ailleurs ce n'est pas ce qu'il prétend faire, mais il sature bel et bien son insolite récit de sens et de gravité. Dans l’ensemble, The Incomer est un film étrangement divertissant à regarder qui pourrait peut-être valoir la peine de renoncer pour toujours aux avocats.

The Incomer a été produit par les sociétés britanniques Head Gear Films, Keeper Pictures et Metrol Technology. Les ventes internationales du film sont assurées par Charades.

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(Traduit de l'anglais)

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