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IFFR 2026 Compétition Tiger

Critique : A Fading Man

par 

- Le film de Welf Reinhart traite de maladie, de vieillesse, de souvenir et d'oubli à travers l'histoire d'un couple âgé qui reçoit la visite inattendue d'une personne appartenant au passé

Critique : A Fading Man
de gauche à droite : August Zirner, Dagmar Manzel et Harald Krassnitzer dans A Fading Man

Dans le court-métrage Eigenheim, qui a gagné la médaille d’argent aux Academy Awards étudiants en 2022, Welf Reinhart racontait l'histoire d'un vieux couple marié pris au piège dans une situation domestique moralement et socialement complexe. Dans son premier long-métrage, A Fading Man, qui vient de faire sa première mondiale dans la compétition Tiger de l'IFFR, le jeune réalisateur allemand (31 ans) use d'un dispositif similaire et part d'une prémisse qui semble prometteuse, mais en réalité n'ouvre pas la porte à beaucoup d'inventivité dans les développements qui s'ensuivent.

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Hanne (Dagmar Manzel, vue récemment vu sur le grand écran dans Quiet Freedom [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
de Wendla Nölle), artiste et enseignante, et Bernd (August Zirner), pasteur à la retraite, sont un couple marié en fin de soixantaine qui mène une vie calme et harmonieuse (de fait forcément assez routinière) dans une maison à la campagne, à l’orée d’un village allemand. Un jour, l’ex-mari de Hanne, Kurt (Harald Krassnitzer), qu’elle n'a presque pas vu en vingt ans, se présente chez eux et se comporte comme s’il rentrait chez lui comme d’habitude.

Il s’avère que Kurt est atteint de la maladie d’Alzheimer, et n'a aucun souvenir d’avoir divorcé de Hanne. Ayant été placé dans un établissement spécialisé pour un séjour de court terme par sa fille Samira (Lene Dax), le temps d'un déplacement professionnel, il s'est fait la malle, et l'endroit ne peut pas le reprendre contre sa volonté. Comme toutes les tentatives de trouver un autre hébergement pour Kurt échouent, Hanne et Bernd n'ont d'autre choix que de l’accueillir provisoirement. C'est du moins ce qu'ils croient au départ.

Dans le contexte de l'histoire tel qu'il est planté, avec des personnages clairement présentés comme des gens charitables et humains, l'histoire ne peut aller que dans un sens. Ce qui ne veut pas dire que le film n'offre pas matière à réflexion : en effet, il traite de sujets universels comme la maladie, la vieillesse, le souvenir, l’oubli et le pardon, l’amour conjugal et ses joies innombrables, les chagrins et les regrets, l’expérience de Hanne en tant que femme et épouse. Ceci étant dit, le scénario de Reinhart et Tünde Sautier ne se laisse pas beaucoup de marge de manœuvre pour pouvoir créer un film qui émeuve et captive réellement le spectateur.

A Fading Man est un spécimen de cinéma très conventionnel : un film dramatique joliment bâti, avec une photographie en écran large classique (fruit du travail de Micky Graeter) baignée d'une douce lumière naturelle. La maison, qui est le décor principal, est celle qu'ont habitée ensemble Hanne et Kurt à l'époque, de sorte que la première pouvait déjà y sentir, dans une certaine mesure, la présence de son ex-mari avant même son retour. À présent, cette demeure située au bord d'un champ, avec au loin, se détachant d'un ciel gris, des arbres enveloppés dans le brouillard, se met à abriter une multitude d’émotions supplémentaires, toutes compliquées et éprouvantes.

Le montage d’Ulrike Tortora et la douce musique composée par Pablo Jókay, qui réunit des pianos, des cordes et des cuivres, sont précis et totalement au service de l’histoire, mais cela ne fait que faire ressortir encore davantage la construction prévisible du scénario, qui applique tellement à la lettre les règles d'usage en termes de structure et de détails signifiants que le spectateur peine à se laisser pénétrer par ses aspects émotionnels. Le film n'est pas sans quelques moments touchants et subtilement tragicomiques qui pourraient faire effet pour certains spectateurs, et sur le plan psychologique, on pourrait difficilement critiquer le traitement que propose Reinhart de son sujet et des relations humaines à l'œuvre, mais parfois, on a l’impression que même les acteurs, aussi aguerris et reconnus qu'ils puissent être, sont conscients de la prévisibilité de la chaîne de causes et d'effets qui se déploie ici et n'arrivent par conséquent pas à vraiment habiter leurs personnages.

A Fading Man a été produit par la société allemande Maverick Film en coproduction avec BR, ARTE et Merki und Reinhart film gbr. Les ventes internationales du film sont gérées par Bendita Film Sales.

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(Traduit de l'anglais)

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