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IFFR 2026 Compétition Big Screen

Critique : Home

par 

- L'actrice dano-monténégrine Marijana Janković se lance dans le long-métrage avec une histoire d'immigration forte et universelle portée par l'incroyable travail d'interprétation de Dejan Čukić

Critique : Home
Tara Čubrilo, Dejan Čukić et Nada Šargin dans Home

L’actrice d’origine monténégrine vivant au Danemark Marijana Janković vient de présenter son premier long-métrage en tant que réalisatrice et scénariste, Home [+lire aussi :
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interview : Marijana Jankovic
fiche film
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, à l’IFFR dans la section à compétition Big Screen. Le film, qui s'inspire librement de sa propre vie, est un récit solide et universel sur l’immigration, porté par l’interprétation magistrale de Dejan Čukić.

Čukić, acteur d’origine serbo-monténégrine lui aussi installé au Danemark, révélé par le film culte In China They Eat Dogs (1999) et lauréat d'un Bodil du meilleur acteur pour All In [+lire aussi :
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fiche film
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(2018), joue ici le rôle de Marko, père de famille à l'ancienne dans les montagnes du Monténégro en 1991, quand le pays faisait encore partie de la Yougoslavie. En ces temps de grave crise économique, alors que le Monténégro s’engage sur la voie d'une sanglante dissolution, l’Étoile rouge de Belgrade est en passe de remporter la Coupe des clubs champions européens. C’est ainsi qu’on rencontre les deux fils préadolescents de Marko, Miloš et Ivan, en train de regarder un match à la télévision, vêtus des maillots de la sélection yougoslave, au moment où le héros rentre chez lui auprès de ses garçons, de sa femme Vera (Nada Šargin), de sa mère et de sa fille de six ans, Maja (Tara Čubrilo).

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L’argent se fait rare pour cette famille d’agriculteurs, alors Marko travaille aussi sur un chantier, mais cela fait quatre mois qu'on ne l'a pas payé. Quand son cousin Lazar (Zlatko Burić) arrive de Copenhague au volant de sa Mercedes, il n'a aucun mal à le convaincre de le rejoindre au Danemark. La sœur de Marko, Sanja (Dubravka Drakić), y vit déjà, et peut héberger une partie de la famille. C'est ainsi qu'après une grosse dispute et beaucoup de larmes, Vera et lui partent avec Maja, laissant les garçons chez leur grand-mère. Miloš en particulier accepte mal ce choix, et ne parlera plus à son père pendant longtemps.

Marko et Vera trouvent d'abord des emplois dans le nettoyage. Maja, elle, entre à l’école. Comme c’est souvent le cas, elle devient la première à parler la langue de son pays d'adoption, de sorte qu'elle sert aussi d’interprète et de guide à travers la culture locale quand ses parents décident de faire, chacun de son côté, des mariages blancs pour obtenir des papiers, ce qui entraînera quelques ennuis avec le faux mari de Vera, Ejnar (Jesper Christensen). 

Janković compose ici un récit sur ce qui vivent les immigrants auquel on peut se rapporter, et qui s'avère par moments très émouvant. Copenhague n'apparaît pas ici comme une belle ville de carte postale : Marko et sa famille vivent à Nørrebro, un quartier populaire en transformation, de plus en plus peuplé d’étrangers. Son couple est menacé par les problèmes d’argent et l’éloignement par rapport à leur pays mais surtout leurs fils, et son obstination mâtinée de fierté monténégrine n’arrange rien, mettant à rude épreuve la patience de Sanja.

Outre la réalisatrice, les acteurs et le coscénariste du film, Babak Vakili, immigré de deuxième génération, compte un autre immigré installé au Danemark : le chef opérateur Manuel Alberto Claro, surtout connu pour ses collaborations avec Lars von Trier, dont le travail alerte à la caméra contribue largement au caractère immersif du film. En plus des couleurs chaudes et des forts contrastes visibles à l'image, en phase avec l’époque, Claro propose des gros plans inventifs, bruts et chargés d’émotion, où Čukić en particulier s’impose par une interprétation dans laquelle il s'investit corps et âme, mais qui reste précise et nuancée. La présence discrète de Šargin apporte un contrepoint utile au personnage de Marko, et les stars charismatiques que sont Burić, Nikola Kojo, Tryne Dyrholm et Claes Bang apportent une touche de classe tout en électrisant l’écran à chaque scène où ils apparaissent.

Le titre du film, quoique pas franchement accrocheur, était bel et bien celui qu'il fallait et qui résume le mieux l'ensemble de l'histoire que Janković raconte, avec la franchise et la sensibilité de quelqu'un qui connaît personnellement la situation décrite. 

Home a été produit par la société danoise Nordisk Film Production A/S. Les ventes internationales du film sont assurées par TrustNordisk.

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(Traduit de l'anglais)

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