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IFFR 2026 Limelight

Critique : Mi Amor

par 

- Guillaume Nicloux nous propulse dans une mésaventure cauchemardesque aux îles Canaries avec un film de genre décapant, axé sur un style artistique très fort et une étrangeté débridée

Critique : Mi Amor
Pom Klementieff dans Mi Amor

"Tu es prête à vivre une expérience inoubliable ?". Quand la Dj parisienne Romy, sur le point de mixer dans un club de Maspalomas, fait cette promesse à son amie Chloé qui l’accompagne en touriste, elle ne croit pas si bien dire. Car c’est une véritable descente aux enfers qui se dessine sous le soleil ardent de l’île de Grande Canarie et devant la caméra du talentueux Guillaume Nicloux avec son nouveau film Mi Amor, dévoilé en première mondiale dans la section Limelight du 55e IFFR. Toujours parfaitement dans son élément en zones troubles, le cinéaste français s’en donne en effet à cœur joie avec un thriller vénéneux et détraqué excellement interprété en particulier par Pom Klementieff et Benoît Magimel.

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"Je suis détendue, mon corps est relaxé, je me sens bien." Ce mantra que se répète intérieurement la trentenaire Romy (Pom Klementieff) avant de s’endormir, ne l’empêche pas de prendre des somnifères. Pourtant, l’heure est au farniente, dans un hôtel où elle partage sa chambre avec sa copine Chloé (Freya Mavor), une très belle fille aux cheveux roux flamboyants qui avait besoin de prendre l’air à cause d’une relation qui n’en finit pas de se terminer avec le très insistant Romain. Dépliant choisi au hasard et balade au pied de l’impressionnant El Magnifico Roque Nublo (l’un des rochers le plus grands du monde, un monolithe de basalte, ancien lieu de culte des indigènes Guanches), baignade en mer, discussions faciles au bord de la piscine avec des inconnus (certains plus allumés que d’autres comme une femme assurant que Hitler ne serait pas mort et se serait caché dans le secteur avant de rallier le Brésil), danses dans les bars (mais Romy ne boit pas) : tout va très bien jusqu’au concert de Romy au Caserio. Chloé (qui avait annoncé vouloir se faire un mec) disparait. Le lendemain, Romy commence à s‘inquiéter et se lance à sa recherche, aidé par Vincent (Benoît Magimel), le patron du Caserio, très au fait de l’underground interlope local. Mais de déboires en découvertes de lieux étranges, la situation va empirer…

Plongée dans l’obscurité la plus profonde, vol de passeport, crocodiles, serpents et perroquets, chèvre ensanglantée en avertissement, truands locaux se disputant le marché des clubs, atmosphère d’illégalité autorisée à tous les étages, lieux soi-disant magiques (canyon), morgue : c’est une faune de vampires en plein soleil, un monde de quasi fantômes que décrit le film au fil d’une enquête quasi policière (fausses pistes, filatures, intuitions) menée sur quelques jours par deux protagonistes un peu abîmés par l’existence et qui apprennent à se connaitre. Privilégiant l’ambiance (avec notamment une fantastique musique omniprésente de Irène Drésel et Sizo Del Givry) à l’hyper-réalisme, Guillaume Nicloux signe une œuvre maléfiquement ensorcelante, sombrement ludique et jouant avec une perversité maîtrisée des codes du genre jusqu’à un final apocalyptique.

Mi Amor (un titre inspiré par le tee-shirt d’un dealer associant ce message à une tête de mort) a été produit par Les Films du Kiosque. Le Pacte, qui sortira le film en France le 6 mai, pilote les ventes internationales.

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