BERLINALE 2026 Berlinale Special
Critique : Good Luck, Have Fun, Don’t Die
par Vladan Petkovic
- BERLINALE 2026 : Gore Verbinski revient avec une comédie de SF apocalyptique sur l'IA interprétée par Sam Rockwell, Haley Lu Richardson, Juno Temple et Michael Peña

Gore Verbinski, lauréat d'un Oscar pour Rango mais surtout connu dans le monde pour les trois premiers volets de la saga Pirates des Caraïbes (alors que son titre de gloire devrait être le meilleur remake hollywoodien jamais donné à un film d’horreur japonais : Le Cercle), débarque un brin tard dans l'univers de l’IA post-apocalyptique. Good Luck, Have Fun, Don’t Die, qui vient de faire sa première européenne à la Berlinale parmi les séances Special Gala et se présente comme une satire SF de 132 minutes sur les dangers des technologies modernes portée par Sam Rockwell et un solide aréopage de chouchous du cinéma indé, est un titre certes bien mouvementé, mais pas particulièrement fin.
Le film, tourné au Cap, commence dans un diner de Los Angeles où Rockwell débarque soudain du futur (son personnage est d’ailleurs nommé ainsi au générique : "Homme du futur"). Il a une barbe et un teint de clochard et porte un imperméable en plastique transparent autour duquel sont enroulés des fils et tuyaux avec, sur la poitrine, ce qui ressemble à un attirail d’explosifs. Il explique aux clients pris de peur que c’est la 117e fois qu’il arrive ici, dans l’espoir d’empêcher un génie de neuf ans de créer l’IA qui détruira la civilisation. Pour le seconder, il doit réunir une équipe, dont la composition diffère à chaque fois. Cette fois, il est rejoint par un groupe globalement peu enthousiaste qui se compose d'un couple d'enseignants en lycée, Mark et Janet (Michael Peña et Zazie Beetz), de Susan (Juno Temple), dont le fils vient de mourir dans une fusillade scolaire, de Scott (Asim Chaudhry), chauffeur Uber de son métier, et d'Ingrid (Haley Lu Richardson, qui se démarque et par sa prestation, et par l’importance de son personnage), une jeune femme allergique aux téléphones portables et au Wi-Fi.
On comprend que l’apocalypse a déjà commencé à travers des flashbacks de moments récents impliquant certains personnages. Mark et Janet se retrouvent face à une armée d’ados zombifiés par la bouillie d’IA qu'ils ont ingérés ; Susan fait cloner son fils et fréquente un groupe de parole réunissant des parents dont les enfants se font toujours tirer dessus à l'école ; le petit ami livreur de pizzas d’Ingrid décide de quitter notre réalité pour le monde virtuel de son casque VR. Bien entendu, tout procède de la même cause, représentée par un symbole en forme de pyramide qui hélas, au moment du final, d'une manière qui n'est pas sans rappeler le film de 1992 Le Cobaye, n'a droit qu'à une explication confuse et incohérente.
Dans le dossier de presse, Verbinski dit qu'il a découvert le scénario de Matthew Robinson (connu pour une autre comédie apocalyptique, Love and Monsters) en 2020, or entre-temps, ces idées et concepts ont été vus, revus, et maintes fois régurgités. Le film n’est pas dénué de qualités : certaines blagues font mouche, l’interprétation de Rockwell est frénétiquement charismatique et les seconds rôles se donnent à fond, mais ces éléments ne se fondent jamais ensemble pour former un tout cohérent. Le récit excessivement fragmenté, ainsi que les segments et les personnages pas assez aboutis et somme toute superflus qui l'encombrent, donnent au film l'allure d'une concaténation aléatoire d’épisodes de Black Mirror, malgré ses ambitions stylistiques clairement cinématographiques. Son esprit indé et sa volonté d'offrir du grand spectacle se marchent sur les pieds à tous les niveaux : dans la photographie de James Whitaker, les décors de David Brisbin, les effets spéciaux créés par la société Ghost VFX (Copenhague) et la bande originale plaisamment foldingue composée par Geoff Zanelli. C'est uniquement grâce au travail du monteur Craig Wood que les coutures de cet objet filmique boursouflé ne craquent pas complètement.
Good Luck, Have Fun, Don’t Die a été produit par Constantin Film en Allemagne, avec Blind Wink Productions et 3 Arts Entertainment aux États-Unis.
(Traduit de l'anglais)
Galerie de photo 14/02/2026 : Berlinale 2026 - Good Luck, Have Fun, Don’t Die
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© 2026 Dario Caruso for Cineuropa - dario-caruso.fr, @studio.photo.dar, Dario Caruso
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