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BERLINALE 2026 Perspectives

Critique : Chronicles from the Siege

par 

- BERLINALE 2026 : Abdallah Al-Khatib propose un premier long-métrage articulé auteur d'une séries d'histoires interconnectées sur des gens ordinaires qui tâchent de survivre en temps de guerre

Critique : Chronicles from the Siege
Nadeem Rimawi dans Chronicles from the Siege

Dans Chronicles from the Siege [+lire aussi :
interview : Abdallah Al-Khatib
fiche film
]
, le scénariste et réalisateur palestino-syrien établi en Allemagne Abdallah Al-Khatib tend au spectateur un miroir de la guerre. Ce long-métrage s’inspire de la période que le réalisateur a passé dans le camp de réfugiés de Yarmouk, en Syrie, mais cherche aussi à rendre compte de ce que vivent les Palestiniens au sens plus large, depuis de nombreuses années. Cependant, à en juger uniquement les indices visuels fournis, l’œuvre semble se référer intentionnellement à un lieu précis bien qu'elle n'impose rien et ne fasse jamais mention, dans le récit, d’un conflit ou d’un siège particulier. Le film, qui est le premier long-métrage de fiction d’Al-Khatib, a été présenté à Berlin dans la section Perspectives.

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Chronicles from the Siege tient la promesse de son titre : une série d’histoires interconnectées nous y donnent à voir les difficultés de toutes sortes auxquelles sont confrontées les gens, tandis qu'on leur tire dessus de toutes parts. Al-Khatib ouvre le film sur une saisissante séquence de fausses images de caméscope où l'on voit des foules égarées se battre pour de la nourriture, sur un boulevard ravagé par les bombes, tandis que la bande-originale, signée Rana Eid, nous fait entendre le tic-tac menaçant d'une horloge.

Le film se tourne ensuite vers Arafat (Nadeem Rimawi), un homme d'un certain âge qui meurt de faim à cause du siège, dont on apprend plus tard qu’il était cinéaste et que ça lui a valu d'être emprisonné. Un groupe de jeunes explorent le vidéoclub abandonné d’Arafat, méditant sur les événements et leurs combats quotidiens. Plus tard, un couple formé par Fares (Emad Azmi) et Huda (Maria Zreik) tente de goûter un peu à la "normalité" et s'offre un moment d’intimité physique, mais se trouve sans cesse interrompu – par un appel pour les dons de sang, un homme en quête de nourriture et une famille qui a besoin d’aide. Tout cela mène à une dernière séquence qui se déroule dans un hôpital surpeuplé, où le spectateur retrouve Arafat, et le film la panique viscérale des premières scènes.

Sur le plan narratif, le scénario de Chronicles... est émaillé de moments mémorables (dont celui où un voleur de cigarettes, incarné par Al-Khatib lui-même, s’enfuit avec un objet précieux au centre de l'intrigue), mais ces scènes peinent à former un tout s'accompagnant d'une émotion particulière. Plusieurs personnages manient des caméras au sein même du récit, tout au long du film, mais ce procédé est utilisé de manière plus sporadique qu’il ne le faudrait pour vraiment formuler un commentaire abouti sur le témoignage, la documentation et la réalisation d’images en zone de guerre. À un moment, un homme repousse une personne équipée de sa caméra, une scène qui trouve un écho dans la réalité (voir le documentaire American Doctor de Poh Si Teng, projeté à Sundance) et interroge l’acte de déambuler caméra en main quand d'autres se mobilisent et prêtent main forte.

Al-Khatib n'a pas ici à honorer une obligation de fournir une certaine image de la souffrance : l’existence même du film témoigne de son urgence. Le cinéaste prend de fait le temps de laisser les conversations entre les personnages se déployer d'elles-mêmes, conscient que la lutte ne se vit pas uniquement dans les hurlements d’agonie. Hélas, en raison du temps d’écran limité accordé à chaque personnage à mesure que le film traverse les différentes histoires qu'il raconte, il devient difficile de se rapporter à eux en dehors de l’environnement très beige, presque sépia, où se joue ce siège. Il n'en reste pas moins que Chronicles from the Siege a le mérite de rappeler au spectateur de la Berlinale combien sa situation est privilégiée, et qu'il est capital de ne jamais cesser de parler de celles et ceux qui vivent sous les balles et les bombes.

Chronicles from the Siege est une coproduction algéro-franco-palestinienne qui a réuni les efforts d'Issaad Film Productions et Evidence Films, en coproduction avec 2 Princes Films. Les ventes internationales du film sont assurées par Loco Films.

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(Traduit de l'anglais)

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