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BERLINALE 2026 Compétition

Critique : Home Stories

par 

- BERLINALE 2026 : Le troisième long d'Eva Trobisch prend la forme d'une mosaïque familiale complexe qui mêle le personnel, le politique et le culturel dans un contexte spécifiquement est-allemand

Critique : Home Stories

Après avoir remporté le prix du meilleur premier film à Locarno avec All Good [+lire aussi :
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en 2024, la scénariste-réalisatrice allemande Eva Trobisch revient au grand rendez-vous allemand, en compétition, avec Home Stories [+lire aussi :
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, une mosaïque familiale complexe qui réunit une multitude de sous-intrigues, mosaïque émaillée de détails culturels et psychologiques qui suggèrent des pistes d’interprétation hélas parfois difficiles d'accès pour le public international.

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L'attention se déplace d’un membre de la famille à l’autre, mais le récit est circonscrit dans le temps de l'audition de Lea (16 ans, incarné par la lumineuse Frida Hornemann, pour la première fois à l'écran) pour un télé-crochet puis de sa participation à l'émission. Elle vit dans le vieux bourg de Greiz, en Thuringe, au fin fond de l’ex-RDA, avec sa mère, Rieke (Gina Henkel), et son nouveau compagnon, qui est aussi le père de son enfant à naître et le proviseur du lycée de Lea. Comme cette dernière en veut à sa mère, elle préférerait néanmoins emménager chez son père, Matze (Max Reimelt, remarquable au sein de la distribution globalement solide du film), dans le grand hôtel avec écuries de ses parents Christel (Rahel Ohm) et Friedrich (Peter René Lüdicke).

Quand toute la famille se réunit pour célébrer le succès de Lea sur la pelouse de l’établissement en question, qui n’a pas été rénové ni accueilli beaucoup de clients depuis longtemps, on fait la connaissance de Kati (Eva Löbau), la sœur de Matze, un modèle pour l’adolescente. En tant que directrice du musée local, elle s’apprête à dépenser pour des travaux de rénovation une grosse somme d’argent public (qui vient, et c'est un détail important, du gouvernement basé à l’ouest), ce qui cause chez Christel une frustration teintée d'amertume qu'elle exprime à mots couverts, car elle estime que ces fonds seraient mieux employés à soutenir les petites entreprises comme la sienne. Pendant ce temps, Edgar (Florian Geisselmann), le cousin de Lea, un peu plus âgé, proteste contre l’accueil à l’hôtel d’un congrès politique de droite.

Dans les nombreuses branches du récit, le politique et l’intime s’entremêlent, en particulier au niveau des différences de positions et de perceptions distinguant hommes et femmes dans le contexte est-allemand. Regrettablement, malgré l'habileté déployée par le chef opérateur Adrian Campean et la monteuse Laura Lauzemis pour ne perdre aucun des fils narratifs qui alternent dans le scénario compliqué de Trobisch, maintes nuances psychologiques et culturelles échapperont au public international.

Ce qu'on perçoit clairement, en revanche, c'est le climat plus général de ressentiment et de comportement passif-agressif au sein de la famille, qui est sans doute à attribuer à des raisons lointaines remontant à quelques décennies plus tôt, voire aux mutations sociétales qui sont survenues depuis l’époque des parents et des grands-parents de Christel. Certains problèmes affleurent, mais beaucoup restent tus et refoulés. Matze est le seul qui, à certains moments, exprime directement sa colère, mais aussi de la douceur et de la loyauté. Un discret paroxysme émotionnel, tout en subtilité, intervient quand il croise le nouveau compagnon de sa femme à la maternité.

Lea demeure cependant, pour le spectateur potentiellement dérouté, le point d'ancrage émotionnel du film, et c’est elle qui rassemble, ne serait-ce qu'un court moment, la famille, même si cette union n'est pas sans tensions. Son interprétation de “Fix You” de Coldplay, imparfaite, douce et venue des tripes, pourrait constituer un élément qui transcende les barrières culturelles, mais elle ne suffit pas à compléter les éléments manquants du film dans son ensemble.

Home Stories a été produit par la société munichoise Trimafilm, en coproduction avec les sociétés allemandes if…ProductionsKomplizen Film et ZDF/ARTE. Les ventes internationales du film sont assurées par The Match Factory.

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(Traduit de l'anglais)


Galerie de photo 19/02/2026 : Berlinale 2026 - Home Stories

23 photos disponibles ici. Faire glisser vers la gauche ou la droite pour toutes les voir.

Eva Trobisch, Frida Hornemann, Max Riemelt, Eva Löbau, Rahel Ohm, Trini Götze
© 2026 Dario Caruso for Cineuropa - dario-caruso.fr, @studio.photo.dar, Dario Caruso

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