THESSALONIQUE DOCUMENTAIRES 2026
Critique : Cobijo
par Alfonso Rivera
- Adrián Silvestre nous fait découvrir un refuge situé au Guatemala qui accueille les gens LGTBIQ+, où ceux-là peuvent non seulement former une famille, mais aussi se permettre d'être eux-mêmes

Madai, Shanel, Rosmer et Victoria sont quatre jeunes queers qui ont fui leurs pays d’origine, en Amérique du Sud (plus précisément la Colombie et le Venezuela), pour poursuivre un avenir meilleur aux États-Unis. Hélas, leurs rêves se sont heurtés aux politiques migratoires de cette superpuissance et se sont arrêtés à mi-chemin, dans un refuge au Guatemala, où les quatre personnages se sont réinventés et où ils et elles se sont construit un foyer. Voilà le sujet de Cobijo [+lire aussi :
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Comme dans Sedimentos, Silvestre se joint ici à un groupe de personnes qui se mettent à nu devant sa caméra et lui confient à quoi ressemblaient leurs vies avant d’arriver dans ce refuge au Guatemala, un passé lourd (marqué par le machisme, l’homophobie et la violence) dont ils ne veulent cependant pas se défaire car au fond, et malgré tout ce qu’ils et elles ont subi, ces jeunes gens ont la nostalgie de leur pays et de leurs familles d’origine.
Le reste du film, qui comprend quelques scènes reconstituées (comme les entretiens qu’on leur fait passer à leur arrivée dans cet établissement), nous montre principalement leur quotidien, leurs conversations, leurs repas et les moments festifs que nos personnages passent ensemble – notamment un concours de Miss Univers pour le moins insolite, monté avec quatre bouts de tissu, deux couronnes et énormément d’humour. C'est qu'en dépit de leur situation difficile dans la vie, ils et elles ont trouvé dans ce refuge un nouveau foyer, un lieu où se sentir aimé.e.s, protégé.e.s et accepté.e.s. Dans ce lieu, nos sujets sont comme né.e.s à nouveau pour construire l'avenir débordant de rêves et d’illusions vers lequel ils et elles veulent avancer.
Aucune de ces personnes malmenées ne s'est laissée consumer par la défaite ou la frustration. Elles ont au contraire eu envie de se créer une existence meilleure. "Il ne faut pas dramatiser !" est leur devise, qui revient tout au long de ce long-métrage qui parle de résilience et où on sent l'écho de choses plus tragiques et cruelles, mais hors champ.
À travers ce film sensible, inclusif et empathique, Silvestre nous donne à connaître ces centres d’accueil qui deviennent pour de nombreux êtres meurtris, exclus et déracinés en besoin de protection et de soutien émotionnel, grâce à l'appui de certaines organisations solidaires, de nouveaux "foyers, doux foyers". Le film revendique sans effets de manche le rôle de ces lieux, car dans un monde aussi tourmenté, imprévisible et changeant que celui qui est le nôtre, n’importe qui peut se retrouver à subir quelque chose de semblable à ce qu’ont vécu les quatre personnages de ce film.
Cobijo a été produit par Adrián Silvestre Films. Les ventes internationales du film sont assurées par l’agence Utopía Docs.
(Traduit de l'espagnol)
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