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DIAGONALE 2026

Critique : The Jobcentre

par 

- Sebastian Brauneis propose un film grand public sur les clients et les employés d'un centre pour l'emploi viennois, mais il en fait parfois un peu trop pour que son film soit cool

Critique : The Jobcentre
Margarethe Tiesel (à gauche) dans The Jobcentre

Il y a du travail à faire. En théorie, les demandeurs d’emploi doivent tout mettre en œuvre pour trouver un poste, et les services d’aide à l’emploi doivent les y aider, mais en pratique, les deux parties se contentent souvent de faire comme si, sans se donner d'obligation de résultat. Chacune fait semblant de faire ce qu'elle a à faire, pour cocher certaines cases. Les initiales “AMS” désignent le service public de l’emploi autrichien. Son siège viennois est au cœur du nouveau long-métrage de Sebastian Brauneis, The Jobcentre, qui a fait sa première à Diagonale.

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Mari (Margarethe Tiesel) est cliente de l’AMS depuis qu’elle a perdu son poste de réceptionniste dans un cabinet de médecin, quand celui-ci a pris sa retraite. Elle veut réellement retrouver un travail, pour subvenir aux besoins de sa fille Lisa (Lola Mae), étudiante, mais les services d'aide à l'emploi la baladent, l’envoyant de rendez-vous en formation (la dernière étant animée par le raciste Roger, incarné par Franz Solar). Un jour, comme elle a manqué un de ces rendez-vous, Theresa (Isabella Knöll), employée de l'AMS, supprime son allocation. Quand Mari compose le numéro de la hotline, elle tombe par hasard sur la seule personne de l’agence qui soit dotée d'empathie, Markus (Lukas Watzl). Ce dernier devient alors son conseiller personnel officieux, et lui apprend à survivre dans ce système où les dés sont pipé.

Mahdiya (Mariam Hage), née de parents immigrés, voudrait suivre une formation dans la police, mais son agente, Kathi (Marie-Louise Stockinger), l’inscrit à la place à un cours de langue, peut-être du fait de son racisme latent, à moins que ce ne soit à cause de la grande chasse à la promotion en cours à l’AMS. Au bout d'un moment, Mari, Mahdiya et Markus (en tant qu'homme de l’intérieur) décident de s’allier au reste des demandeurs d’emploi désespérés de la classe de Roger pour manipuler le système de l’intérieur et se venger en truquant la course à la promotion.

Ce qui aurait pu être un drame très sérieux et socialement chargé, après avoir démarré comme une comédie satirique vivace, bifurque ensuite vers le film de braquage, et finit même par ressembler à une comédie musicale décalée. Le dernier acte relève clairement de la surenchère, allongeant encore davantage une durée déjà copieuse de 100 minutes, mais jusqu'à ce point précis, le voyage en compagnie des personnages de Brauneis s'avère plaisant grâce à son rythme enlevé, qui tient autant au scénario (signé Brauneis, Helmut Emersberger et Lily Ringler) qu'au montage (assuré par le cinéaste lui-même avec Antonia Adelsberger et Paul Eckhart). Le jeu des acteurs aussi sert bien ce récit énergique, les personnages étant conçus comme des archétypes plus que comme des êtres de chair et de sang, ce qui constitue pour les comédiens une tâche claire et simple dont ils s'acquittent avec un sens appréciable du tempo comique.

Cela dit, Brauneis force parfois un peu sur le ton cool et pour l'instaurer, s’appuie trop sur des motifs, ficelles et jeux de mots empruntés à d’autres films, majoritairement américains. Parmi les sources ici recyclées, au-delà des Douze Salopards (cité ici explicitement, à la fois dans les dialogues et le thème musical), on trouve des ingrédients reconnaissables extraits d'Office Space, de The Big Short et d’une kyrielle de films de casse et de cambriolage. Au bout du compte, The Jobcentre fait l'effet d'être un tantinet brouillon, clairement surchargé, et trop ambitieux au regard des moyens à la disposition du cinéaste et de la pertinence de ses choix, ce qui ne l'empêche pas de rester une proposition légère qui pourrait tout à fait séduire un large public.

The Jobcentre a été produit par la société autrichienne Studio Brauneis.

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(Traduit de l'anglais)

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