email print share on Facebook share on Twitter share on LinkedIn share on reddit pin on Pinterest

CANNES 2026 Séances de minuit

Critique : Jim Queen

par 

- CANNES 2026 : Nicolas Athane et Marco Nguyen signent une satire d'animation acérée, désopilante et sincère, autour d'une maladie fictionnelle qui transforme les hommes gays en hétérosexuels

Critique : Jim Queen

Jim Queen, film d’animation pour adultes qui est aussi le premier long-métrage de Nicolas Athané et Marco Nguyen, coscénarisé par le duo avec Simon Balteaux et Brice Chevillard, s’articule autour d’une maladie fictive baptisée "heterosis". Il s'agit d'un virus qui transforme des hommes gays en hétérosexuels. Le film a été présenté au Festival de Cannes parmi les Séances de minuit.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
insularia_Josué

On suit d’abord les histoires parallèles de "Perfect Jim" (dont la voix a été confiée, dans sa version originale française, à l’humoriste Alex Ramirès), qui éblouit quiconque pose ses yeux sur lui et travaille à Paris comme icône gay et influenceur. Un jour, cependant, il contracte l’heterosis, et tout son monde s’effondre. Ses abdos disparaissent, il se met soudain à comprendre les règles du football et développe une série d’autres traits stéréotypiquement "hétérosexuels" – il finit même par embrasser une femme. La conséquence de cela est qu'il perd tous ses abonnés. Tous sauf un : Lucien, un "twink" (terme d’argot gay désignant un jeune homme mince et imberbe, généralement en fin d'adolescence ou dans sa vingtaine) dont la mère, la femme politique Christine Bayer, ne cache pas son mépris des droits LGBTQ+. Incapable de lui révéler la vérité sur sa sexualité, Lucien décide de faire équipe avec Jim pour trouver un remède à ce virus mystérieux qui, entretemps, a commencé à se propager rapidement.

Jim Queen, d'une durée de 85 minutes bien compacte, est remarquable dans sa manière de trouver l'équilibre entre humour et gravité, tout en abordant un sujet rarement exploré par l'animation. Le film, truffé d'allusions sexuelles (dont beaucoup sont vraiment hilarantes, quoique pas toujours très originales), s’empare aussi de thèmes plus sérieux tels que l’acceptation de soi, l’identité et les défaillances de l’amour maternel. Le parcours de chacun des personnages est convaincant et le scénario prévoit suffisamment de rebondissements pour tenir le public en haleine. Le travail d’Athané et Nguyen recourt aussi à de la musique, avec plusieurs séquences chantées qui enrichissent encore davantage le récit.

Pourquoi un tel film n’a-t-il pas vu le jour plus tôt ? La prémisse, simple mais efficace, respecte la règle non écrite du cinéma selon laquelle on devrait pouvoir résumer l'essentiel d'un film en quelques mots ou phrases. En outre, ce petit bijou d’animation comble un manque dont peu de gens sans doute s'étaient aperçus, le tout avec une qualité d’animation remarquablement solide malgré le faible budget du film.

En résumé, Jim Queen est drôle, divertissant, touchant et satirique. Au fil du récit, il ne perd jamais son énergie et ne cède jamais à la tentation de proposer des solutions par trop sentimentales. Il préfère se concentrer sur ses personnages, bien sûr faillibles, en évitant toute dichotomie tranchée entre "bien" et "mal" (Jim lui-même est, au début du film, un type insupportablement égocentrique). On ne peut qu’espérer que ce film obtiendra l'attention qu’il mérite, non seulement au sein de la communauté qu’il dépeint, mais aussi au-delà.

Le film a été produit par Bobbypills (France) et Umedia (Belgique). Les ventes internationales sont assurées par Global Constellation.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy