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FRANCE

Le Jean Vigo pour Arthur Harari et Gustave Kervern

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- Les deux cinéastes ont été distingués ex-aequo, respectivement pour L'Inconnue et pour Voilà, c'est fini ; un Vigo d'honneur a été décerné à Alain Gomis

Le Jean Vigo pour Arthur Harari et Gustave Kervern
L'Inconnue d'Arthur Harari et Voilà, c'est fini de Gustave Kervern

Mettant l’accent sur l’indépendance d'esprit, l’originalité et la qualité d'un cinéaste, le 74e Prix Jean Vigo a été décerné ex-aequo à Arthur Harari pour L'Inconnue (attraction de la dernière compétition cannoise - sortie France le 26 août via Pathé) et à Gustave Kervern pour Voilà, c'est fini (qui sera lancé dans les salles de l’Hexagone par Pyramide le 24 mars 2027).

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Les motivations du jury ? "Avec L’Inconnue, Arthur Harari confirme une maîtrise singulière de la mise en scène qui marie toujours une exigence formelle absolue à une écriture romanesque puissante : chaque plan est construit pour faire affleurer la tension, ici celle d’un homme qui ne se reconnaît plus, celle d’un monde qui continue sans lui. La rigueur du cadre et du montage comme le travail sur le hors champ sonore sont au service d’un récit qui avance par ruptures infimes plutôt que par coups de théâtre. La retenue passe par une grande précision des gestes et de la direction d’acteur qui transforme le vertige en pensée."

"Avec Voilà, c’est fini, Gustave Kervern propose une œuvre profondément humaine, tendue entre dérision et compassion. Il filme les marges sans complaisance et déplie la carte des dominations ordinaires dans une comédie qui est aussi un récit anti-colonial : il pointe les survivances d’un rapport de pouvoir hérité et la façon dont certaines histoires se répètent dans l’indifférence. En parallèle, Voilà c’est fini brosse le portrait d’une société où l’argent, le statut et l’origine dessinent des lignes de faille invisibles mais tranchantes entre des personnages cabossés, en perte d’équilibre. Sous la légèreté, le film révèle ce que nous taisons — nos ratages, nos petites lâchetés, nos élans maladroits. Nous avons aimé sa proximité à la fois ironique et émue."

Les deux réalisateurs rejoignent notamment au palmarès Jean-Luc Godard, Maurice Pialat, Alain Resnais, Claude Chabrol, Bruno Dumont, Olivier Assayas, Noémie Lvovsky, Katell Quillévéré, Laurent Cantet, Alain Guiraudie, Mathieu Amalric, Alice Diop, Louise Couvoisier et Louise Hémon (sacrée l’an dernier). À noter que c’est la troisième fois de son histoire que le prix Jean Vigo du long métrage est attribué ex-aequo à deux cinéastes après Patricia Mazuy et Orso Miret en 2000 et Yann Gonzalez et Jean-Bernard Marlin en 2018.

Un Vigo d'honneur distingue cette année le cinéaste franco-sénégalais Alain Gomis (Dao, Félicité) et le prix Jean Vigo du court-métrage est allé à À la recherche de l'oiseau gris aux rayures vertes de Saïd Hamich Benlarbi (Barney Production).

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