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PULA 2026

Critique : The Crystal Planet

par 

- Arsen Anton Ostojić livre un film d'animation, tiré d'un récit de Dušan Vukotić, où écologie, responsabilité, amitié et aventure se heurtent à la cupidité et la corruption ambiantes

Critique : The Crystal Planet

Après la disparition du seul Yougoslave à jamais avoir reçu un Oscar, Dušan Vukotić (1927-1998), distingué pour le court-métrage d’animation The Substitute (1961), il a fallu une décennie au cinéaste croate Arsen Anton Ostojić pour demander et acquérir les droits d'un projet de long-métrage d’animation inachevé, également écrit par Vukotić, dont il souhaitait réaliser une adaptation. Il s’est encore écoulé une dizaine d’années avant qu’Ostojić ne s'attelle réellement à la tâche. Le résultat, le film d’animation moderne The Crystal Planet, est désormais achevé et prêt à être présenté au public du monde entier. Après sa première mondiale au Festival de Zlín, il a été dévoilé au public croate à l'occasion du Festival du film de Pula, où il a remporté l'Arène d'or spéciale pour sa contribution à l’animation croate (lire l'article).

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Après la mort de sa mère dans un accident, Rea, 11 ans, part à contrecœur s’installer avec son père ingénieur, Val, sur la planète de cristal qui donne son titre au film afin d’y commencer une nouvelle vie. Le père s’apprête à y entrer dans ses nouvelles fonctions de bras droit du dirigeant de la planète, le gouverneur Mordokan, également propriétaire d'une usine de robots. Les dernières inventions de l’entrepreneur sont des animaux de compagnie robotisés (encore sujets à des bugs), car les animaux sont interdits sur la planète. Les élections approchent, et Val a pour mission de tout faire pour assurer la victoire du gouverneur face à la candidate rivale, Sandra, qui fait campagne sur des questions environnementales.

Tout ce que souhaite Rea, c’est retourner sur Terre, car pour elle, c'est là qu'est sa vraie maison. Les choses se mettent toutefois à changer quand elle fait la connaissance de son voisin de palier, Andy, le fils de Sandra, et se lie d’amitié avec lui. Au cours de l’une de leurs premières escapades, ils rencontrent et sauvent le petit d’une espèce animale locale et se rendent compte, de fait, que la planète a son propre écosystème, mis en danger par la pollution générée par l’usine de Mordokan. Ils tentent de garder le secret sur leur découverte, mais cette révélation menace de rebattre toutes les cartes sur la planète. Deux familles monoparentales, aidées par cette espèce intelligente et dotée d'empathie, vont dès lors devoir affronter l’establishment.

The Crystal Planet s’adresse clairement aux jeunes spectateurs, de sorte qu'il ne faut pas s’attendre à une foule de nuances dans la transmission de son message écoresponsable. Les héros et les méchants affichent clairement leurs allégeances, ainsi que leurs pensées et tourments intérieurs. La narration pâtit aussi du recours un peu facile aux rebondissements et à des procédés de type deus ex machina, tout en imitant le style de l’animation pour enfants à l'américaine – introduisant même quelques chansons comme transitions entre les différents actes. Heureusement, le scénario d'Ostojić, Aleksandar Žiljak et Brett Shumway se rattrape par son humour chaleureux et sa sincérité.

Sur le plan technique, la combinaison d’une animation en volume et d’images de synthèse remplit parfaitement sa fonction. Les deux se marient très harmonieusement, ce qui est tout à l'honneur de l’équipe des animateurs. De même, la photographie de Tomáš Sysel, qui sait capter à la fois les héros dans l'action et la richesse des textures de l’arrière-plan, donne la sensation d’avoir devant les yeux un univers très abouti. La mise en scène bien maîtrisée d’Arsen Anton Ostojić peut surprendre pour un débutant dans l’animation (même s’il a coproduit un titre animé, The Oddsockeaters, en 2016), et le montage de Lucie Haladová aide l’ensemble à s’écouler avec fluidité tout en maintenant une durée totale d'environ 90 minutes.

The Crystal Planet est un film très ambitieux. L’existence de versions doublées en plusieurs langues, dont une version internationale en anglais (avec les voix de Jeremy Irons, Vanessa Redgrave et Michael York, entre autres), pourrait aider le film à franchir de nombreuses frontières. Dans le contexte du cinéma croate, c’est un apport précieux à la tradition récemment ravivée du long-métrage d’animation jeunesse.

The Crystal Planet a été produit par la Croatie, la République tchèque et la Slovaquie à travers les sociétés Filmosaurus Rex, Alkay et Bfilm, avec la participation de la Télévision tchèque. Les ventes du film ont été confiées à Sola Media.

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(Traduit de l'anglais)

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