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LOCARNO 2026 Compétition

Critique : Alberi erranti

par 

- Dans son nouveau film, inspiré d'un roman d'Alberto Capitta, Salvatore Mereu nous transporte dans un monde fantastique où se réfugient des créatures blessées en quête de liberté

Critique : Alberi erranti
Romeo Perrone dans Alberi erranti

Le réalisateur italien Salvatore Mereu, surtout connu pour son talent s’agissant de dépeindre sa Sardaigne natale, présente au Festival de Locarno, en compétition internationale, son nouveau film, le mystérieux et touchant Alberi erranti, librement adapté du roman Arbres errants et naufragés de l’écrivain, réalisateur et acteur Alberto Capitta.

L’incroyable histoire racontée dans le film, une sorte de saga familiale aux accents fantastiques, est celle de deux familles rivales : les Arca et les Nonne. Les membres de la famille Arca sont Pietro (Alessandro Haber) et son fils Giuliano (Romeo Perrone), qui vivent seuls dans une ferme aux abords de la ville et s’occupent d’animaux blessés tout en rêvant d’un monde où les humains et les animaux vivraient sereinement, dans le respect mutuel. Les Nonne sont quant à eux tout l’inverse : Sebastiano (Massimo Popolizio), un notable du lieu doublé d’un passionné de chasse, et son fils Michelangelo (Lorenzo Richelmy) incarnent un type de masculinité toxique qui n’accepte aucun type de faiblesse ou de tendresse. Entre ces deux visions du monde diamétralement opposées se trouve Emilio (Edoardo Raiola), le frère de Michelangelo, un garçon rêveur au tempérament artistique qui cultive avec Giuliano une amitié considérée comme “inconvenante”. Pour sauver l’honneur de la famille, les Nonne se donnent alors un objectif : éliminer pour toujours les Arca.

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Comme des Capulet et Montaigu modernes, les Arca et les Nonne s’affrontent pour défendre leurs visions respectives du monde, sur lesquelles ils ne pourront jamais s’accorder, et ce jusqu’à ce que les animaux de la ferme soient tous tués et que Pietro disparaisse, ce qui oblige son fils à partir à sa recherche. C’est à partir de ce moment que le film change et glisse progressivement vers une dimension fantastique, comme si l’esprit de Giuliano, privé de son oasis parmi les montagnes, n’avait pas d’autre choix que celui de se réfugier dans ses rêves. Le paradis qu’il se crée, peuplé par une petite communauté d’enfants abandonnés, réfugiés d’un monde qui n’existe pas, se situe à mi-chemin entre réalité et fiction.

La troisième famille impliquée dans cette fresque est celle des Branca, qui fait irruption dans la dernière partie du film. Elle se compose de trois sœurs indépendantes, notamment Maddalena (Giulia Maenza), et de leur père (Alberto Cracco), un notaire compréhensif et libéral qui représente le point de rencontre entre la radicalité des Arca et la violence intransigeante des Nonne.

Pendant son voyage à la recherche de son père, Giuliano rencontre Maddalena et pour tous les deux, c’est le coup de foudre. Le problème est que cette dernière est hélas fiancée avec Michelangelo Nonne, bien qu’elle se soit rendu compte qu’elle ne l’aimait pas vraiment. Giuliano décide alors de se cacher avec elle dans ce lieu magique qui n’existe peut-être que dans ses rêves.

Alberi erranti est une fable profondément touchante qui raconte combien il est difficile d’être soi-même dans une société qui nous voudrait docile comme de braves petits soldats qui suivent les règles sans trop se poser de questions. Le courage et la détermination avec lesquels Giuliano essaie de réaliser son rêve de vivre dans un monde où la différence ne serait pas un motif d’exclusion touchent en profondeur. Entre espérance et désespoir, Alberi erranti parle de tous deux qui n’ont pas la possibilité de planter leurs racines et sont obligés d’errer dans le monde sans direction précise, en se cachant dans les recoins obscurs pour pouvoir reprendre leur souffle.

Alberi erranti a été produit par la société italienne Viacolvento avec Rai Cinema. Les ventes internationales du film sont gérées par TVCO et Minerva Pictures.

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(Traduit de l'italien)

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