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SARAJEVO 2026 Compétition Documentaires

Critique : Bugboy

par 

- Lucas Paleocrassas conquiert sans mal le public, en lui proposant un film qui combine l'histoire touchante d'un père et d'un fils et un récit d'apprentissage peu commun

Critique : Bugboy

Dans son troisième long-métrage, Bugboy, le réalisateur athénien Lucas Paleocrassas suit le lycéen auquel se réfère le titre, Yorgos Avgerinos, et s’intéresse à son rapport très spécial aux insectes et autres petites bêtes, notamment deux grillons, Isabella et Ferdinand, qu’il adore et trimbale partout avec lui comme si c’était des animaux domestiques. Le film a fait sa première mondiale plus tôt cette année dans le cadre de la compétition internationale du Festival international du documentaire de Thessalonique, ce qui lui a valu le prix du meilleur film grec. Le voilà à présent parmi les documentaires en compétition au Festival du film de Sarajevo, pour sa première régionale.

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Le plus gros du contexte du film est présenté en exposition : Yorgos apparaît comme un garçon introverti qui a très peu d’amis (humains) de son âge. Atteint de strabisme et affecté par le divorce difficile de ses parents, il a développé une passion insolite pour les insectes. Dans le film, Yorgos est généralement accompagné par son père, Kostas, qui encourage son engouement mais essaie aussi de l’orienter davantage vers ce qu’il voit comme des activités plus viriles : faire du sport et flirter avec les filles.

On aurait bien aimé avoir davantage accès au monde intérieur de l’adolescent, mais il apparaît difficile de tirer de lui autre chose que des expressions de la joie contagieuse que lui procurent les insectes. Ceci étant dit, Paleocrassas montre qu’il y a vraiment quelque chose de spécial dans la manière dont Yorgos voit les insectes, qui semblent tous avoir envie de rester à ses côtés au lieu de sauter ou de s’envoler. Cette relation donne lieu à des séquences résolument charmantes, notamment celles où les grillons grimpent sur la tête de Yorgos quand il va nager ou s’amusent avec lui dans le train, et celles où père et fils sortent, de nuit, pour trouver des insectes. Le public a aussi droit à de très beaux gros plans sur ces derniers (grâce au travail du chef opérateur Carlos Muñoz Gómez-Quintero) qui transforment vite ce qui pourrait faire l’effet d’une vermine grouillante en un trésor, comme si on voyait les bestioles à travers le regard de Yorgos.

Le réalisateur parvient à faire ressortir de manière nuancée les tensions dans la dynamique père-fils, entre les attentes de l’un et la passion omniprésente de l’autre. Cependant, quand le désir de Kostas de voir Yorgos fréquenter des filles de son âge se manifeste, plus tard dans le film, on a le sentiment que ce développement trop préfabriqué est plaqué sur l’histoire, particulièrement dans le dernier tiers du film, où le parcours personnel du garçon s’aligne trop proprement avec le gain de maturité que souhaite voir son père, et où on le voit délaisser ses insectes pour faire des filles de sa classe ses nouvelles amies.

En dépit de cela, Bugboy est un film qui ne peut pas ne pas plaire au public. Peu de documentaires récents ont un charme aussi irrésistible.

Bugboy a été produit par Anemon Productions (Grèce), Flach Film (France) et Toolbox Film (Danemark). Les ventes internationales du film sont assurées par Autlook Filmsales.

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(Traduit de l'anglais)

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