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VENISE 2026 Hors compétition

Critique : Jupiter

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- VENISE 2026 : Denis Ménochet porte sur ses larges épaules le destin d’un pays dans un thriller nucléaire prenant et efficace, inspiré à Alexandre Smia par l’actualité géopolitique contemporaine

Critique : Jupiter
Denis Ménochet dans Jupiter

"Tout est envisageable". Dans les très grandes profondeurs du palais présidentiel français de l’Élysée est niché un bunker inexpugnable, une cage de Faraday nommée le PC Jupiter. Là, sont débattues, en comité très restreint, les crises internationales les plus graves. Des discussions qui, en cas de menace de conflit armé, impliquent une autre réalité englobée dans la doctrine de la dissuasion : la France détient l’arme nucléaire. Et un seul homme a le pouvoir de déclencher sa mise en action : son président. C’est sur cette base bien documenté et crédible, et en y injectant les données de la guerre actuelle initiée par la Russie contre l’Ukraine, qu’Alexandre Smia a bâti son premier long métrage, Jupiter, projeté hors compétition à la 83e Mostra de Venise.

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Tissé en quasi huis-clos, dans une tension grandissante, le film s’inscrit avec une efficacité haletante dans la lignée d’un genre atomique qui est plutôt l’apanage habituellement du cinéma américain (de Docteur Folamour de Stanley Kubrick à A House of Dynamite de Kathryn Bigelow, en passant par Point limite de Sidney Lumet par exemple, sans parler des blockbusters beaucoup plus bas de gamme), même si la production hexagonale s’y est essayé assez récemment (sous un autre angle) avec Le Chant du Loup.

"Un cap est franchi, la menace est existentielle. Maintenant, c’est la capitulation ou la destruction rapide et totale." Dans l’avion qui l’emmène à Kiev, le président Paul Archambault (Denis Ménochet), qui vient de prendre ses fonctions la veille et qui est sous le choc d’un deuil personnel, écoute avec consternation le discours menaçant de son homologue russe prétendant avoir échappé de peu à un attentat commandité par son ennemi ukrainien. Rentré en urgence à Paris et évaluant toutes les options stratégiques avec son petit cercle aux avis divergents (le chef d’état-major des armées incarné par André Dussollier, la ministre des Affaires Étrangères - Dominique Blanc -, celui de la Défense - Reda Kateb -, la conseillère diplomatique - Ella Rumpf -, et la Première ministre - Céline Sallette -) et en zoom avec les membres leaders de l’OTAN, Archambault va prendre des décisions qui n'empêchent pas ou qui peut-être même provoquent l’escalade nucléaire…

Centré sur la solitude de la figure présidentielle à laquelle Denis Ménochet prête son imposant talent, Jupiter progresse, comme en temps réel, à un rythme très soutenu parsemé de références historiques (Churchill, l’ultimatum de Postdam, etc.) et d’analyses géopolitiques contemporaines brûlantes. Le tout dans une atmosphère crépusculaire et claustrophobique qui enveloppe le film dans le paradoxe d’un divertissement de genre très efficace qui est aussi, à cause de son approche réaliste, un potentiel vecteur de propagation de la peur dans le climat actuel sensible, même si tout cela n’est évidemment que du cinéma.

Jupiter a été produit par Chi-Fou-Mi Productions et coproduit par France 2 Cinéma. SND pilote les ventes internationales.

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Galerie de photo 04/09/2026 : Venice 2026 - Jupiter

23 photos disponibles ici. Faire glisser vers la gauche ou la droite pour toutes les voir.

Alexandre Smia, Denis Ménochet, André Dussollier, Reda Kateb, Dominique Blanc
© 2026 Fabrizio de Gennaro for Cineuropa - fadege.it, @fadege.it

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