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VENISE 2026 Venice Open Hors-compétition

Critique : Father Joe

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- VENISE 2026 : Barthélémy Grossmann propose un face-à-face entre Kiefer Sutherland et Al Pacino dans les rôles d'un prêtre vengeur et d'un mafieux dans un travail divertissant écrit par Luc Besson

Critique : Father Joe
Kiefer Sutherland et Al Pacino dans Father Joe

Little Italy, New York, au début des années 1990. La mafia règne sur la ville ; les drogues et la corruption sont partout. Partout ? Pas tout à fait : une petite paroisse d’irréductibles, St Felicity, tenue par le Père Joe (Kiefer Sutherland), résiste et se dresse contre ces tentations qui sont présentées aux jeunes. Ce n’est toutefois pas vers la prière que le prêtre se tourne. Les balles que le Père Joe utilise pour toucher les cœurs et les esprits ne sont pas des mots : ce sont littéralement des balles de revolver. Cet ancien de l’armée, qui s’est battu au Vietnam et dont la fille est morte, victime du trafic de drogue, n’est pas là pour palabrer : il veut des résultats.

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Voilà le début de l’amusant petit film de série B Father Joe de Barthélémy Grossmann, qui a été projeté hors compétition à la 83e Mostra de Venise. Si pour Grossmann lui-même, c’est une première expérience dans le long-métrage, le nom derrière cette folle histoire est loin d’être inconnu. Le scénario du film a en effet été écrit par la légende française Luc Besson, qui a fait de plus d’un acteur ou actrice, français(e) ou hollywoodien(ne), une nouvelle star du cinéma d’action. Il est vrai que Sutherland lui-même n’a pas forcément besoin de ce tremplin : après tout, sa carrière a été largement définie par son rôle dans la série 24, dans les années 2000. Ce qui n’empêche pas qu’il a dû s’amuser dans le rôle-titre, à dévisager Michael Rispoli (un des comédiens auxquels le monde du cinéma a souvent recours quand il  a besoin d’une trogne de mafieux) et à lâcher des phrases comme “On ne peut pas sauver tout le monde” quand quelqu’un demande au Père Joe s’il ne voit aucune objection à ce que le commerce des drogues continue pour les 21 ans et plus.

Rispoli n’est toutefois qu’un homme de main. Le vrai parrain, c’est le personnage de Giu incarné par Al Pacino, un caïd de la drogue cruel mais cultivé qui lit du Dante et se considère au-dessus des plaisirs simples de ce bas monde – en plus d’être bien trop attaché au souvenir de sa défunte mère. C’est un cliché ambulant que Pacino se fait plaisir à pousser à fond. Quand Giu se rend compte que tout son réseau criminel a reçu la visite du Père Joe et de ses enfants de chœur (qui sont eux-mêmes des machines à tuer) et que ces derniers l’ont forcé à cesser de vendre de la drogue aux enfants, il est bien entendu furieux. Les jeunes sont un marché important. Comment ce prêtre hostile ose-t-il s’insinuer dans son business ?

Besson et Grossman font du premier face-à-face entre les deux personnages (dans un confessionnal) une occasion de scruter les méthodes qu’emploient les humains pour gérer le deuil, l’angoisse, la colère et l’ennui. Ils travaillent en fait dans le même domaine, dit Giu au Père Joe. Le prêtre vend de l’espoir aux âmes en peine, et lui leur vend de l’alcool et des stupéfiants. Cependant, avant que ne survienne la confrontation finale, le Père Joe, ses enfants de chœur et Felicity (Ever Anderson, la fille de l’ex de Besson, Milla Jovovich), une ancienne toxicomane, se lancent dans une entreprise parallèle tout aussi gore, brutale et remplie d’armes à feu qui donne un peu l’impression d’avoir été insérée de force dans le scénario. C’est presque comme un deuxième film dont ils auraient eu peur qu’il ne puisse jamais se faire.

Au milieu de toute cette violence et de tous ces débats intérieurs, ainsi que des amusantes alliances interreligieuses pour la paix dans le monde qui se forment entre les différentes communautés de ce New York pluriculturel, Besson est encore capable d’avoir de savoureuses fulgurances. Le film se prend peut-être un peu trop au sérieux un peu trop souvent, mais il est loin des titres pompeux qu’il a pu livrer ces dernières années. Grossman prouve qu’il a le chic pour réaliser des scènes d’action, sans jamais perdre de vue ses personnages centraux. Un peu plus d’exubérance n’aurait pas fait de mal, mais au vu des carrières prolongées de Taxi et du Transporteur, on peut se dire que ce n’est peut-être pas la dernière fois qu’on verra le Père Joe.

Father Joe a été produit par les sociétés françaises LBP et EuropaCorp. Les ventes internationales du film sont gérées par Kinology.

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(Traduit de l'anglais)


Galerie de photo 05/09/2026 : Venice 2026 - Father Joe

16 photos disponibles ici. Faire glisser vers la gauche ou la droite pour toutes les voir.

Barthélémy Grossmann, Kiefer Sutherland, Ever Anderson, Al Pacino
© 2026 Fabrizio de Gennaro for Cineuropa - fadege.it, @fadege.it

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