email print share on Facebook share on Twitter share on LinkedIn share on reddit pin on Pinterest

SAN SEBASTIAN 2026 New Directors

Critique : Lovers Sleep Alone

par 

- Le premier long du réalisateur iranien installé en Allemagne Massih Parsaei brosse un tableau austère mais très délicat de la vie solitaire d'un immigrant à Berlin

Critique : Lovers Sleep Alone
Pooyesh Frozandeh dans Lovers Sleep Alone

Massih Parsaei est un jeune cinéaste iranien avec une vaste expérience dans le court-métrage qui se lance dans le long-métrage avec Lovers Sleep Alone, qui a été présenté dans la section New Directors du Festival de San Sebastian. L’histoire que ce film raconte est froide comme l’hiver berlinois pendant lequel l’action se déroule, mais elle est abordée avec cœur et une chaleur humaine qui happe facilement le spectateur disposé à se laisser porter par le regard sensible de Parsaei.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
legroupeouest_2027_internal

Le centre absolu du récit est Iman (Pooyesh Frozandeh), un jeune homme iranien qui vit depuis plusieurs années à Berlin, où il s’est construit une vie solitaire – si solitaire qu’il arrive souvent, dans le film, que la caméra le dépeigne comme un élément du paysage urbain. Notre héros travaille comme gardien, mais aussi comme une sorte d’assistant et d’homme à tout faire dans une station de camionneurs. Son temps libre, il le passe dans un parc où il cherche la chaleur qui lui manque quand il fait du cruising gay. Il ne va chez lui que quand il n’y a pas d’autre solution.

Dans les intervalles, Iman s’invente une vie qui n’existe pas ; il présente une version différente de lui-même à chaque personne avec laquelle il interagit. À un camionneur avec qui il travaille, il dit que l’homme dont il s’occupe est son père ; à une infirmière, il ment en disant qu’il prévoit de passer Noël avec sa petite amie ; quant au type avec lequel il a des relations sexuelles dans le parc, il lui donne mille prétextes pour l’éloigner et ne pas le laisser nouer un vrai lien avec lui.

La caméra trouve, dans sa manière de filmer Iman et son environnement quotidien, le parfait équilibre entre distance et proximité, de sorte qu’elle parvient à nous transmettre la sensation d’isolement qu’il ressent tout en nous permettant en même temps de nous sentir proches de lui. Une grande partie du mérite en revient aussi au brillant travail de l’acteur, Pooyesh Frozandeh, qui se donne corps et âme et rend avec précision, par sa présence, sa manière de se mouvoir et son regard, l’état émotionnel et psychologique de son personnage.

Malgré la froideur ambiante du film, la rareté des dialogues qu’il comporte et sa distance marquée avec ses personnages, Lovers Sleep Alone arrive à placer le spectateur exactement où il le faut pour qu’il puisse comprendre le personnage et ressentir de l’empathie pour lui. Cette austérité formelle et l’absence de fioritures permet aussi au public de faire l’exercice de transposer l’histoire d’Iman dans n’importe quel autre décor et le rend capable de reconnaître son visage parmi la foule des nombreux autres migrants qui s’efforcent de se bâtir une vie dans des villes éloignées de tout ce qu’ils ont connu avant. Le premier long-métrage de Massih Parsaei est une œuvre très belle et complète et d’une grande sensibilité qui vient à point nommé, dans le contexte sociopolitique actuel.

Lovers Sleep Alone a été produit par Film Five.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'espagnol)


Galerie de photo 24/09/2026 : San Sebastian 2026 - Lovers Sleep Alone

13 photos disponibles ici. Faire glisser vers la gauche ou la droite pour toutes les voir.

Massih Parsaei
© 2026 Dario Caruso for Cineuropa - @studio.photo.dar, Dario Caruso

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy