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SAN SEBASTIAN 2026 Compétition

Critique : Tender Loving Care

par 

- Ce qui pourrait bien être le dernier film de Mike Leigh est une ode joyeuse aux bonnes et aux mauvaises choses de la vie vues à travers les yeux de deux assistants de service social sanguins

Critique : Tender Loving Care
de gauche à droite : Kate O'Flynn, Marion Bailey et Alice Bailey Johnson dans Tender Loving Care

On ne présente plus le réalisateur britannique lauréat d’une Palme d’or et d'un Lion d'or Mike Leigh, une des grandes figures du réalisme social anglais pur et dur, aussi connu pour sa pratique consistant à faire de longues répétitions et tout un travail d’improvisation avec ses acteurs. Dans son seizième long-métrage, Tender Loving Care, dont Leigh a dit qu’il pourrait bien s’agir de son dernier film, il reste plein d’espoir, toujours, malgré les jaillissements de douleur de l’existence et les réalités de la vie. La saine vision de “la vie secrète des assistants de service social” qu’il porte ici à l’écran révèle une authentique sincérité dans son souhait de rester optimiste, mais jamais de manière superficielle. Le film, qui a fait sa première mondiale à Toronto, dans la section Special Presentation, concourt à présent pour le Coquillage d’or de San Sebastian.

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Amy (Kate O’Flynn) et Rosie (Alice Bailey Johnson) sont deux assistantes de service social convaincues en fin de trentaine. La première vient de ré-emménager chez la seconde après une rupture éprouvante. Cependant, elles ne se laissent pas décourager et passent leurs soirées à discuter du travail et de leurs prétendants décevants en buvant de copieuses quantités de vin blanc, après chaque longue journée passée à tâcher d’être présentes pour les adolescents en foyer et les vieillards solitaires dont elles s’occupent. Quelques visites chez les parents d’Amy mènent à des conversations sur les problèmes systémiques qui affectent leur environnement social. La dynamique change quand son père Geoff, âgé, se met à se comporter bizarrement, ce qui force Amy à tourner son regard vers l’intérieur et à réfléchir à l’inconnu autrement, maintenant qu’il s’applique à son cas et plus seulement aux autres.

Leigh a choisi sa compagne et collaboratrice régulière Marion Bailey (également mère de Bailey Johnson) pour le rôle de la mère d’Amy, Birdie, et Geoff est incarné par Paul Jesson, connu pour son travail sur les planches. C’est à ces deux acteurs qu’on doit les scènes les plus mémorables du film, et ils arrachent au public des rires sincères avec leurs gentilles chamailleries. Le personnage d’Amy arrive par ailleurs à point nommé pour O'Flynn, qui vient de remporter un Emmy pour son second rôle (l’assistante du maire excentrique) dans la série comique d’horreur Widow's Bay, diffusée sur Apple TV.

Le réalisateur commence simplement avec un générique de début accompagné de musique : la douce bande originale, riche en marimba, qu’a composée Gary Yershon et qui scintille tout au long de l’histoire. Cette musique donne au film un ton léger et naturaliste que contrebalance le style de jeu des acteurs, très théâtral et exagéré, encore plus que dans les derniers films de Leigh avant celui-ci. Nos deux assistantes sociales consomment du vin blanc comme si c’était de l’eau et leurs réflexions, façon chambre d’écho, sur l’état du système d’accompagnement social britannique donnent parfois l’impression de discours enthousiastes prêchant des convaincus.

Au public de décider dans quelle mesure il adhère à leurs choix, qui font légèrement basculer les personnages dans l’abstraction (c’est-à-dire dans le stéréotype de la trentenaire anglaise blanche) quand la caméra se rapproche trop d’elles et que les rires deviennent des esclaffades forcées et les traits d’esprit des répliques un peu lourdes.

Tender Loving Care, où le lainage tricoté a une place de choix, pour notre grand bonheur, n’est pas aussi poignant que d’autres travaux de Leigh, malgré son fond très sincère. Cependant, le cinéaste de 83 ans arrive à rendre compte de réalités universelles douces-amères (sur l’amour, la vieillesse, les regrets, l’amitié…) sans jamais recourir au mélodrame, et c’est une chose que tout le monde peut apprécier.

Tender Loving Care a été produit par la société britannique Thin Man Films. Les ventes internationales du film ont été confiées à Cornerstone Films Limited.

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(Traduit de l'anglais)


Galerie de photo 22/09/2024 : San Sebastian 2026 - Tender Loving Care

39 photos disponibles ici. Faire glisser vers la gauche ou la droite pour toutes les voir.

Marion Bailey, Paul Jesson, Alice Bailey Johnson, Georgina Lowe
© 2026 Dario Caruso for Cineuropa - @studio.photo.dar, Dario Caruso

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