War on Screen : "Faites des films, pas la guerre"
par Fabien Lemercier
- La 14e édition du seul festival de cinéma centré sur les conflits se déroulera en Champagne du 5 au 11 octobre avec Tarik Saleh en invité d’honneur

Cette année, 130 guerres armées ont été enregistrées dans le monde par l’ONU, soit le nombre le plus élevé de conflits depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Et pour la première fois, les dépenses militaires dépassent les dépenses sociales. Un bilan très peu réjouissant qui donne encore plus d’acuité à la 14e édition de War on Screen (du 5 au 11 octobre), le seul festival international où les cinéastes passent les conflits au filtre éclairant de leurs caméras.
L’événement aura comme invité d’honneur le cinéaste suédois Tarik Saleh qui dispensera une masterclass le 8 octobre et dont les trois films de sa trilogie égyptienne (Le Caire Confidentiel, La Conspiration du Caire et Les Aigles de la République) seront projetés. L’ouverture et la clôture du festival seront assurés respectivement par Le Faux Soir du Belge Michaël R. Roskam (dévoilé à Toronto et qui vient de clôturer San Sebastián) et Les Braves de son compatriote Lukas Dhont (distingué par le prix d’interprétation masculine à Cannes).
10 longs métrages seront en lice en compétition dont sept de fiction. Parmi eux pointent trois films dévoilés à Cannes : la Caméra d’or cannoise Ben’imana de la Rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo, Congo Boy du Congolais Rafiki Fariala (prix du meilleur acteur Un Certain Regard) et Les femmes de la station de la Britannico-Yéménite Sara Ishaq (découvert à la Semaine de la Critique). Deux longs passés par la Berlinale et produits par l’Europe sont aussi de la partie avec No Good Men de l’Afghane Shahrbanoo Sadat et Roya de l’Iranienne Mahnaz Mohammadi, tout comme deux titres présentés l’année passée, Cuerpo Celeste de la Chilienne Nayra Ilic García (mention spéciale à Tribeca) et Before the Bright Day du Taïwanais Tsao Shih-han (San Sebastián New Directors).
Sont aussi en course trois documentaires : Viendra la révolution de l’Iranienne Pegah Ahangarani (prix de L’Œil d'or sur la Croisette), Une vie manifeste du Français Jean-Gabriel Périot (également dévoilé à Cannes) et L’Autre Côté du soleil du belgo-syrien Tawfik Sabouni (découvert au Panorama de la Berlinale).
Au menu de la section Perspectives se distinguent de nombreux joyaux cannois avec le Grand Prix Minotaure du Russe Andreï Zviaguintsev, les prix de la mise en scène ex-aequo Fatherland du Polonais Paweł Pawlikowski et La Bola Negra du duo espagnol Javier Calvo - Javier Ambrossi et le prix du meilleur scénario Notre salut du Français Emmanuel Marre, entre autres.
Le reste du très vaste programme inclut notamment trois Focus : "Sous-marins et guerre : esthétique d’un microcosme", "Taïwan : une identité trouble façonnée dans l’impérialisme" et le 5e volet du Focus "Environnement naturel, paradoxes et urgences" qui sera dédié cette fois au droit animal. Sont aussi au menu la section "Mémoires partagées" (avec entre autres le documentaire Haute solitude du Français Laurent Véray), des conférences, des tables rondes, une compétition de courts métrages, et une programmation "Jeune public".
Enfin, pour la première fois, seront organisées trois journées de rencontres professionnelles (du 8 au 10 octobre - avec pitchs, speed meetings, etc.) alors que la 8e édition de la WoS Fabrique accompagnera 10 projets portés par de jeunes cinéastes et producteurs issus d’écoles européennes (dont La Fémis, l’UNATC de Bucarest, l’ECAL, l’École de Łódź et l’ECAM de Madrid).
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