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VENICE 2005 Venice days

Parabola : Survivre envers et contre tout

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"Jeune, on est plein de rêve. Vieux, plein de souvenirs", dit l'un des personnages principalux au tout début de Parabola, présenté à la Journée des Auteurs (Venice Days) ce mercredi. Le jeune réalisateur belge Karim Ouelhaj vient de faire de l'un de ses rêves un souvenir en réalisant ce premier long métrage. Dans un mélange de styles qui révèle la culture moderne et vidéo de son auteur, Parabola offre un portrait très cru de la vie, dure, de quelques jeunes dans la ville wallone de Liège.

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Personnage principal de ce film, Sarah (Céline Rallet, magnifique) partage de temps en temps ses pensées avec nous, les yeux dans la caméra. Elle se prostitue, parce que c'est un moyen facile de se faire rapidement de l'argent. Mais elle n'est pas Pretty Woman. Ouelhaj filme son univers sans glamour. Selon lui, "Il n'y a pas de poésie ou d'amour" dans le sexe à l'écran : "[Pour les personnages] le sexe est surtout une misère sexuelle." Et Ouelhaj voit un parrallèle entre la manière dont ce personnage féminin tente de s'en sortir et la manière dont il a fait ce premier film, pratiquement sans argent : "Vous voulez y arriver, peu importe où, ce qui compte c'est qu'il y ait une fin."

Le réalisme choquant de cette histoire contraste avec un style vidéo intentionnel qui utilise le noir et blanc et les passages en couleurs (dont certains sont altérés en digital), avec ces travellings rapides ou ces longs gros plans et de lents mouvements de caméra. Le réalisateur explique : "Je voulais créer quelque chose de purement cinématographique au niveau du style du film, parce que l'histoire en elle-même est assez réelle comme ça." Une main sûre d'elle cache la relative inexpérience de Ouelhaj, et le film réussit à combiner son réalisme avec un langage visuel dont l'artificialité passe au second plan.

Parabola n'est pas sans rappelé l'austérité et la désolation de certains récits de Moodysson et son déroulement vertigineux vers une violence inéluctable est proche de The great ecstasy of Robert Carmichael; récemment vu à Cannes, qui a provoqué de vives réactions au moment de sa présentation. Et Ouelhaj, aussi, est sans compromission ; il se dit inspiré par le réalisme violent d'un Stone, d'un Ferrara ou d'un Scorsese... La scène finale de Parabola si elle ne soulève pas l'estomac, remue le coeur; une fois que la violence a commencé, elle semble ne plus jamais pouvoir s'arrêter, ni pour les personnages ni pour les spectateurs. Mais comment une telle histoire pourrait bien se finir ? Après tout, dans la vie, ceux qui "vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" sont plutôt rares.
Parabola est une production Okayss Films, avec Les Films de la Passerelle qui détiennent aussi les droits de ventes internationales. Le film sortira en Belgique en Janvier, distribué par Cinéart.

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(Traduit de l'anglais)

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