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CANNES 2006 Quinzaine / Danemark

L'univers déconcertant de Princess

par 

L'univers déconcertant de Princess

Ouverture sous le signe de l'inédit et de la transgression ce midi pour la Quinzaine des réalisateurs avec la projection de l'intrigant film danois Princess [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, premier long métrage d'Anders Morgenthaler. Très attendu, cet ovni composé à 80% d'animation et à 20% de scènes jouées par des comédiens en chair et en os (essentiellement en vidéo), a laissé les spectateurs dans un état de stupéfaction avancé, la fascination provoquée par l'univers visuel du cinéaste étant contrebalancée par l'étrangeté de l'intrigue et de la philosophie du film.

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Avec l'industrie du porno en toile de fond, une enfant de 5 ans élevée et perturbée par cet environnement, plusieurs scènes de violence sanguinolente (très habilement mises en scène) et un prêtre en quête de vengeance rappelant le Taxi Driver de Martin Scorsese, Princess additionne une multiplicité de thèmes dérangeants traités à la lisière du drame familial, des problématiques économico-sociales et de la comédie destroy. Ce mélange détonnant scénarisé par le réalisateur et par Mette Heeno, offre néanmoins quelques échappées poétiques (dans les rêves des personnages) et un portrait assez fin des relations complexes nouées entre une enfant et un adulte. Le tout dans un monde urbain de grisaille hérissé de buildings et transpercé par le métro. Surfant sur un graphisme très innovant, sous influence japonaise, Anders Morgenthaler signe une dénonciation percutante de l'économie du sexe (les enregistrements de la porno-star décédée Princess valent 25 millions d'euros) mais jette le trouble sur ce qui motive la vengeance du frère de la star. Une noirceur sans espoir où seule la mort semble apporter la paix. Et au final, un film d'animation pour adultes où les enfants ne sont que les jouets d'un monde sans pitié pour l'innocence.

Produit par Zentropa et coproduit par les Allemands de Shotgun Pictures, Princess a reçu le soutien de l'Institut du film danois via Danish Screen pour un budget total de 1,2 millions d'euros. Les ventes internationales sont pilotées par Trust Film Sales.

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