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CANNES 2006 Compétition / France

Les frères humains de Lucas Belvaux

par 

Les frères humains de Lucas Belvaux

Réalisme social au programme hier soir de la compétition cannoise avec l’entrée en lice du cinéaste belge Lucas Belvaux et de La raison du plus faible [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
. Usines délabrées, chaînes d’embouteillage de bières, univers d’aciéries et ferrailles, ballet des trains de marchandises et quartiers populaires tissés de modestes pavillons et de cités défavorisées : le réalisateur a choisi une ville de Liège très photogénique pour retracer les mésaventures d’un trio de Pieds Nickelés (les excellents Eric Caravaca, Patrick Descamps et Claude Semal) se lançant dans un hold-up pour échapper à la misère sociale. Les trois chômeurs, le premier diplômé réduit à des travaux ménagers et en crise avec sa femme (Natacha Régnier), le second handicapé en fauteuil roulant et le troisième bon vivant inconscient sont conseillés par un ancien braqueur à peine sorti de prison et en liberté conditionnelle (Lucas Belvaux lui-même – lire l’interview). Mais les rêves de ces criminels en herbe ("pour changer de vie, il faut un million") tourneront au vinaigre, le film se terminant sur une très belle scène où le personnage de Belvaux jette l’argent du vol à la foule assistant à l’arrestation avant de refuser de se rendre et de se faire tuer par les tireurs d’élite de la police.

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Très marqué par l’idéologie, le long métrage fait ressurgir le souvenir du Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica, puisque l’idée du vol naît du manque d’argent pour acheter un scooter qui faciliterait la vie d’ouvrière de Natacha Régnier. S’y mêlent les thèmes de la fierté malgré la pauvreté, des rêves des démunis (gagner au Loto) et de l’amitié solidaire entre "frères humains" et abandonnés au bord de la route par la société. Une peinture d’hommes sans espérances ("il n’y a rien attendre") sous couvert d’apprentissage du crime (acheter des armes, repérer les lieux, vaincre la peur qui précède l’action…) qui n’a cependant pas totalement séduit une presse désorientée par cette fusion du thriller et de la tragédie sociale.

Produit par les Français d’ Agat Films et les Belges d’ Entre Chien et Loup, La raison du plus faible a été coproduit par France 3 Cinéma, la RTBF, Les Ateliers de Baere et Araneo Belgique. Le budget de 4,56 millions d’euros a également inclus 340 000 euros d’Avance sur recettes du CNC, 370 000 euros du fonds Eurimages, le soutien de la Communauté Française de Belgique et 250 000 euros de Wallimage. La société hexagonale Films Distribution pilote les ventes internationales.

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