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CANNES 2007 Compétition / Hongrie

L'homme de Londres : Bela Tarr, maître de l’hypnose

par 

L'homme de Londres : Bela Tarr, maître de l’hypnose

La presse internationale se souviendra sans doute longtemps de la projection en compétition officielle hier soir au festival de Cannes de L'homme de Londres [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
du Hongrois Bela Tarr qui a administré une véritable leçon de cinéma au meilleur de sa forme hypnotique. Considéré au vu de ses oeuvres précédentes par Gus van Sant comme "l’un des rares authentiques visionnaires du cinéma actuel", le réalisateur magyar a livré en effet un spectacle aussi fascinant pour les uns que vrillant les nerfs des autres avec une adaptation totalement personnelle d’un polar de Georges Simenon.

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Absorbant les codes du genre (vol, filature, interrogatoire…) dans son tempo caractéristique extrêmement contemplatif induisant une perception du réel tout à fait inhabituelle à l’écran, L’homme de Londres dévoile en noir et blanc la quintessence des talents de Bela Tarr, l’homme caméra. Naviguant dans un espace-temps dilaté par la durée des plans (séquence d’ouverture de vingt minutes sans paroles s’achevant sur minute d’écran noir), le cinéaste effectue une splendide démonstration artistique. Lumières et jeux d’ombres splendides, interminables mouvements de caméra d’une fluidité exceptionnelle et d’une rare inventivité dans les espaces clos, bande sonore obsédante allant du supplice chinois type goutte d’eau ou horloge à deux musiques récurrentes (une oppressante, l’autre mélancolique), gros plans fouillant longuement les visages, infini de la mer à l’arrière plan… : Bela Tarr repousse les limites, ouvrant de nouveaux territoires à ceux qui souhaitent s’y aventurer.

Depuis sa tour de guet, Maloin (le Tchèque Miroslav Krobot), gardien de nuit à la gare maritime, peut tout observer à 360°. Assistant à un meurtre et se retrouvant en possession du butin d’un vol, une valise pleine d’argent, cet homme aliéné par son emploi et par une atmosphère générale suintant la pauvreté et la déprime, entre dans un monde du soupçon. Les jours suivants voient graviter autour de lui le voleur (l’homme de Londres - Janos Derzsi) et un inspecteur de police (Istvan Lenart) à la recherche de l’argent. Une intrigue menée par Bela Tarr comme un jeu ralenti nourri de multiples duels psychologiques, y compris entre Maloin et sa femme (Tilda Swinton) désemparée par la métamorphose de son mari ("tu es comme un animal") qui ne sort pourtant de sa routine que pour améliorer le sort de sa fille et qui découvrira à ses dépens le pouvoir corrupteur et pousse-au-crime de l’argent.

Produit après de multiples péripéties (lire l’article) par la Hongrie (46 %), la France (41%) et l’Allemagne (13 %),L'homme de Londres sera distribué en France par Shellac et est vendu à l’international par les Hollandais de Fortissimo.

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