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Dossier industrie: Produire - Coproduire...

Cas d'étude du film Tulpan et rôle des fonds régionaux à l'audiovisuel en Allemagne

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Cas d'étude du film Tulpan et rôle des fonds régionaux à l'audiovisuel en Allemagne

- Pandora est une société de production, marketing et distribution de films indépendante, basée à Cologne et Hambourg. Avec « Tulpan », le premier long-métrage de Sergey Dvortsevoy, Pandora a remporté le Prix Un Certain Regard au Festival de Cannes. Sur les vingt titres en compétition, le jury, présidé par Fatih Akin, a choisi de récompenser ce film se déroulant au Kazakhstan, pays d’origine de son réalisateur. Sélectionné parmi tous les films en compétition à Cannes, Tulpan a également obtenu le Prix de la Jeunesse, décerné par le Jury de la Jeunesse Internationale, ainsi que le Prix de l’Education Nationale, attribué par le ministre de l’Education.

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Pandora est connue pour son très ambitieux cinéma d’art et d’essai international. Cineuropa s’est entretenu avec Raimond Goebel, qui détient une part de Pandora Film, de la réalisation de Tulpan, et du rôle des fonds régionaux allemands de soutien au cinéma pour les producteurs indépendants.

Cineuropa : Tulpan est un film sur les habitants des steppes du Kazakhstan, tourné en extérieur en Asie Centrale, dont le réalisateur kazakh est surtout connu pour ses documentaires. Pourquoi Pandora a-t-elle choisi de produire son premier long-métrage?

Nous avons produit Tulpan surtout à cause de la relation personnelle de notre collaborateur Karl Baumgartner avec Sergey Dvortsevoy. C’est Jane Balfour qui les avait présentés au Festival du film de Rotterdam, en l’an 2000. Le script absolument magnifique d’une comédie romantique plutôt simple, se déroulant loin de tout, de Dvortsevoy (coécrit par Gennadi Ostrovskiy), avait tout de suite plu à Karl Baumgartner.

En général, c’est le caractère unique d’un projet, sa différence, la personnalité du réalisateur ou la qualité d’un script, qui nous incite à produire un film donné plutôt qu’un autre.

Cela a-t-il compté pour vous que Tulpan ait été le premier long-métrage de Dvortsevoy?

En fait, oui, nous préférons quand les réalisateurs ont déjà fait quelques films. Les débuts sont toujours plus risqués. Dvortsevoy avait réalisé plusieurs documentaires remarquables. Mais certaines choses, comme le fait qu’il ait été aussi long à produire (trois ans, de 2004 à 2007), ne jouent pas en sa faveur.

Pourquoi le tournage a-t-il été aussi long?

A la base, Dvortsevoy est un documentariste plutôt exigeant.. Et puis, le fait d’avoir du attendre des semaines pour pouvoir tourner la scène la plus intense du film (la naissance d’une brebis), nous a forcément ralentis. Ensuite, il a fallu que toutes les autres scènes soient de la même qualité que celle-ci. Donc, nous avons du retourner plusieurs scènes, ce qui était encore plus difficile, puisque le film est fait de très longues prises. Vers la fin, Dvortsevoy disait: « Les acteurs de mon film ne devraient pas être pire que ses animaux ».

Et même le paysage s’est révélé problématique : dans le désert, quelques gouttes d’eau suffisent pour que tout soit en fleurs. Mais ensuite, il faut un certain temps pour que tout retrouve le même aspect et pour ravoir la même image.

Vous avez donc trouvé le tournage plutôt éprouvant pour les nerfs ?

En effet, surtout parce qu’à première vue, cela avait l’air plutôt simple : une histoire pas compliquée, un petit protagoniste, et un seul cadre. Mais tout s’est révélé difficile. A l’inverse, la postproduction s’est plutôt bien passée, puisque nous n’avions pas beaucoup coupé.

La longueur du tournage a-t-elle été à l’origine du nombre de coproducteurs ?

Au fur et à mesure que les délais de production s’allongeaient, il a fallu élargir la coproduction à plus de partenaires. Nous avions monté le financement du film pour une durée normale de tournage. Mais, à partir du moment où, il a fallut de plus en plus de temps pour terminer, on a du trouver de nouveaux fonds. C’est comme cela, qu’une coproduction de l’Allemagne avec la Suisse et la Russie, est devenue polonaise et kazakhe, également.

…et au niveau des coûts de production ?

Tulpan n’a pas été un film cher à produire : 2.5 million d’euros à l’arrivée, alors qu’il avait un budget de base de moins de 2 millions. Lorsque vous avez un bon script, il n’est pas trop difficile de trouver des fonds supplémentaires. Notre équipe [de tournage] était polonaise, et le film était positif pour la réputation de l’industrie cinématographique kazakhe.

La Suisse a coproduit à hauteur de 22% environ, la Pologne de 10%, le Kazakhstan, à hauteur de15% et la Russie de19%. ZDF/Arte et les fonds régionaux allemands de soutien au cinéma, MDM - Mitteldeutsche Medienförderung et MFG Baden-Württemberg, ont financé à hauteur de 34%.

Comment avez-vous obtenu l’aide de MDM et de MFG Baden-Württemberg?

MDM et MFG Baden-Württemberg étaient des coproducteurs de la première heure. Ces fonds régionaux de soutien au cinéma souhaitent, sous certaines conditions, contribuer au financement de films d’art et d’essai, même si ils ne concernent pas leur région. La condition sine qua non est que les aides soient dépensées localement : des copies du film ont été faites dans le Land de Bade-Wurtemberg, et le matériel aussi, provenait du sud-ouest de l’Allemagne. Quant à l’Allemagne de l’Est, elle a contribué au niveau du son, de l’équipement, mais aussi de la logistique.

Pour une société de production comme Pandora, quelle est l’importance des fonds régionaux [allemands] de soutien au cinéma?

Ils jouent un rôle essentiel, notamment dans le cadre des coproductions qui n’ont pas lieu en Allemagne. Les films allemands dont les équipes sont allemandes, peuvent s’adresser à des fonds de soutien publics allemands, comme le « DFFF », ou le « FFA », l’organisme fédéral de soutien au cinéma.

Le credo de Pandora, ce sont les coproductions internationales. Nous voulons être présents sur plusieurs marchés. En tant que distributeur, Pandora a fait connaître le cinéma du monde à l’Allemagne. En tant que producteur, c’est exactement ce genre de films que nous voulons faire. Cela fait partie de notre philosophie.

Les organismes régionaux de soutien au cinéma

La politique culturelle allemande étant organisée de manière fédérale, les organismes régionaux de soutien au cinéma, jouent un rôle important dans le paysage financier national. Quatre de ces fonds régionaux appartiennent au réseau européen Ciné-Regio: l’ « Hambourg/Schleswig Holstein » (l’Instance réglementaire des médias), la Filmstiftung Nordrhein Westfalen (Fondation pour le cinéma de Rhénanie du Nord-Westphalie), le MFG Baden-Württemberg, et le MDM Mitteldeutsche Medienförderung. Ces deux derniers, le MDM et le MFG Baden-Württemberg, ont financé Tulpan, et ont représenté la plus grande partie du financement allemand. En dehors des considérations d’ordre artistique (le bon script), ce sont les rapports historiques entre l’Allemagne et les pays d’Europe de l’Est et leur industrie cinématographique, qui ont motivé le MDM. « Tout comme la Filmstiftung NRW et les pays anglo-américains, et le MFG Baden-Württemberg, qui est proche de la France, l’Allemagne de l’Est a pour tradition de travailler avec la Bulgarie, la Slovaquie, la République Tchèque, la Bosnie et la Serbie », explique Oliver Rittweger, porte-parole de MDM. Si le MDM souhaite faire une place aux scénarios d’Europe de l’Est sur la scène du cinéma mondial, et encourager les échanges artistiques entre l’Est et l’Ouest, ce fonds régional a également des visées économiques: favoriser la création d’entreprises, mais aussi trouver des débouchés communs, et distributeurs ou diffuseurs pour les films soutenus financièrement.

Au MFG Baden-Württemberg, c’est à peu près la même chose: « Nous voulons aider financièrement les réalisateurs qui sont nés ici et l’industrie du film locale, l’objectif principal étant, de retenir nos talents ici, en finançant des projets de films », déclare son porte-parole, Uwe Rosentreter. La création du MFG BW est étroitement liée à la « Filmakademie Baden-Württemberg » de Ludwigsburg. Hormis la production d’œuvres tournées dans la région, ce fonds soutient également, des films dans leur phase de développement mais aussi de distribution. Tout récemment, l’Arsenal Filmverleih de Tübingen, a reçu une aide pour avoir distribué le film français « Le fils de l’épicier » dans les salles allemandes.

 

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