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Dossier: Documentaire

Interview de David Dufresne, mentor du "Web Lab"

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Interview de David Dufresne, mentor du "Web Lab"

- Après le succès de la première édition de « i_doc workshop », le laboratoire de culture visuelle de l’école universitaire professionnelle de la Suisse italienne (SUPSI) et le festival international du film Visions du réel, et plus exactement son Doc Outlook-International Market (DOCM), ont décidé de renouveler cette rencontre.

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Le concept du webdocumentaire se comprend à travers une association d’éléments hétérogènes (vidéo, son, graphisme, texte, images et photos), réussissant à créer un tout dynamique et homogène qui met le spectateur au Coeur de l’histoire.

Cineuropa a rencontré David Dufresnes mentor du Web Lab qui nous explique comment le spectateur va devoir s’engager dans le récit; ainsi le web devient libérateur de parole.

Pourquoi le web documentaire est important d’un point de vue journalistique, documentaire ? Qu’est-ce qu’il apporte de plus, de nouveau, par rapport au documentaire classique ?

Tout d’abord il ne remplace pas le documentaire linéaire classique. Le web doc est un nouveau support qui ne se substitue pas au documentaire classique. D’un point de vue documentaire ou journalistique c’est vraiment une révolution, une nouvelle façon de rapporter et de restituer la réalité dans sa complexité. Ce que je trouve passionnant avec le web c’est qu’il peut être très complexe mais jamais compliqué. Une deuxième nouveauté concerne le point de vue du spectateur qui n’est plus du tout le même. Ce que j’affectionne tout particulièrement dans le web doc concerne justement le public qui devient partie prenante du documentaire. Il peut choisir, construire son propre parcours. Dans mon dernier jeu documentaire (Fort McMoney) l’idée était vraiment d’essayer de faire en sorte que les gens qui l’approchent prennent le sujet à bras le corps et débattent. Le spectateur va donc s’engager : il va mettre son nom en s’enregistrant, il va être au cœur de l’histoire. Son point de vue change puisqu’il est dans l’histoire même. Je pense qu’on peut faire confiance, on doit faire confiance, au public en arrêtant d’être dans cette optique où on prémâche tout et où on lui dit quoi penser, comment penser, le plus vite possible. Le web permet ce changement, il libère la parole.

Selon moi, la nouveauté du web doc se trouve dans l’idée qu’il peut être à la fois le messager, c'est-à-dire celui qui crée le débat, et  celui qui donne les outils de ce même débat.

Comment s’exprime selon vous le regarde d’auteur dans le web documentaire (ou dans le jeu documentaire) ?

Pour moi la qualité de l’image est essentielle. Je crois que ce souci de qualité est une des raisons pour lesquelles on choisit  le documentaire : on soigne le cadre, la photo, la lumière. On filme tous les gens avec le même respect ; les « non puissants » ont droit au même traitement, à la même qualité que les puissants. Ce n’est presque jamais le cas dans le monde du journalisme.

Effectivement, le point de vue de l’auteur change dans le web documentaire. Ce changement passe notamment par le montage. Dans le cas du web doc le montage est un peu compliqué à « capter » parce que’ il est en partie créé par le récepteur, c'est-à-dire l’internaute. Nous pouvons dire que le regard de l’auteur se retrouve dans la base de données, dans tous les fichiers auxquels  vous allez accéder en tant que public. Tous les fichiers sont choisis, ils sont pesés et travaillés autant qu’un montage linéaire. Pour résumer on pourrait dire qu’au fond c’est moi qui ai mis la table.

Dans le web doc le regard de l’auteur, son point de vue, peut parfois paraitre moins évident que dans un doc classique mais en réalité il s’exprime juste différemment.

Pourquoi avoir choisi à nouveau le web documentaire (ou mieux le jeu documentaire) pour votre nouveau documentaire (Fort McMoney)?

En fait j’avais déjà fait un web doc avec Philippe Brault qui s’appelle Prison Valley. A cette occasion nous avions déjà utilisé les codes des jeux vidéo mais pour Fort McMoney j’ai voulu aller plus loin en créant un vrai jeu vidéo, un jeu vidéo documentaire. Il y a déjà des news games qui existent mais ce n’est pas vraiment la même chose. C’est la première fois qu’on crée un jeu vidéo documentaire.

Vous n’avez pas peur que ce traitement  très expérimentale soit difficile d'accès pour des gens qui ne sont pas habitués à ce format ?

Nous faisons tout pour que ce ne soit pas difficile. Quand j’ai commencé à proposer le projet de Fort McMoney à L’ONF ils m’ont dit qu’au Canada il y a quelque chose qui s’appelle la « green fatigue », la « fatigue verte », qui englobe en gros tous les films sur l’écologie auxquels personne s’intéresse. Il y a eu des superbes films sur FortMcMurrey (ville de référence pour Fort McMoney) mais je constate qu’ils n’ont pas forcement touché le public. Je considère donc que ce public qui serait perdu en venant sur « fortmcmoney.com » ne regarderait de toute façon non plus un film plus « classique ». Il  va y avoir un film sur FortMcMoney et nous en sommes déjà à la phase de montage. Nous sommes retournés sur place pour voir comment les gens ont joué là bas. Il y aura donc aussi un film linéaire pour Arte.

 

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