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Dossier: Tendance du marché

Identités culturelles et marché international en débat à Série Series

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Identités culturelles et marché international en débat à Série Series

- Après le temps du renouvellement et de la refondation de la fiction, viendra celui de l’exportation ? C’est désormais l’ambition affichée par les pouvoirs publics qui souhaitent que la fiction française parte à la conquête de nouveaux territoires. Quel avenir pour la création ? Jeudi 30 juin, le festival Série Séries a accueilli à Fontainebleau un débat sur les identités culturelles et le marché international. Cineuropa rapporte certains thèmes évoqués lors de l’événement.

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En se basant sur le constat que la France était un pays peu exportateur de séries, Anne Rambach, scénariste et Présidente de la guilde française des scénaristes a lancé la conférence en notant une remontée remarquable : pour la première fois cette année, la France figure dans le top 5 des exportateurs mondiaux de séries, grâce aux coproductions et à l’exportation de séries locales. Un constat partagé par Emmanuelle Bouilhaguet, directrice générale de Lagardère Studios distribution : “On est dans un marché très dynamique et stimulant, avec une croissance en termes d’exportations très importante, de nouveaux acteurs et de nouveaux concurrents“.

La circulation des séries : nécessité et spécificités

Luca Milano, directeur adjoint de Rai fiction, est revenu sur la tradition de collaboration entre l’Italie et la France, deux pays à grand public dont les audiences peuvent justifier une production nationale, la circulation internationale n’étant par toujours obligatoire, citant l’exemple de deux séries phrares italiennes, Montalbano et Gomorra. Cependant, grâce à l’augmentation des chaines télévisées en Italie, il est maintenant possible de faire circuler plus de matériel, dont des séries françaises ou scandinaves.

 “Il existe deux type de séries : les procédurales, qui peuvent se regarder seules, et les feuilletonantes“, ajoute Emmanuelle Bouilhaguet. “Certaines séries procédurales, telles que Joséphine Ange Gardien, se sont vendues en Italie et en Espagne par exemple, pour des diffusions en journée. Des histoires feel good correspondent en effet à des besoins des diffuseurs internationaux. D’autres séries polar telles que Caïn voyagent bien, car elles correspondent aux besoins des diffuseurs sur certaines tranches horaires de journée ou de prime time.“

L’anglais, une condition à l’exportation ?

Pascal Rogard, directeur général de la SACD, regrette que le discours sur les exportations ne favorise pas l’emploi de scénaristes français : “Les œuvres conçues pour l’exportation, construites autour de l’anglais telles que Versailles, excluent de fait la participation des scénaristes francophones“.

Les séries télévisées étrangères ne sont pas en reste au niveau de l’utilisation de l’anglais, Luca Milano (Rai) revenant sur la série anglophone I Medici en cours de production, avec Wild Bunch, dirigée par un showrunner américain.

“Au CNC, nous soutenons plus particulièrement les créations originales en français, celles-ci disposent d’un bonus. Mais l’anglais n’est pas empêché non plus“, ajoute Vincent Leclerc, directeur de l’audiovisuel au CNC. “Certains font le choix de l’anglais, comme la série Versailles, d’autre de la réalité, où les différentes langues font sens, comme Carlos, Jour Polaire ou Panthers.“

Olivier Wotling, directeur de la fiction pour Arte, prend l’exemple de la série télévisée norvégienne Occupied créée par Jo Nesbø, où Arte est en coproduction minoritaire : “On ne cherche pas les coproductions en anglais pour favoriser les exportations. C’est l’identité et la cohérence du projet qui doit être sa force.  Nous acceptions la culture et les langues originales qui s’imposent dans le projet“.

Emmanuelle Bouilhaguet (Lagardère Studios distribution) avoue de son côté que si la commercialisation des séries en langue anglaise est potentiellement plus rémunératrice que les francophones, en prenant l’exemple de la vente de la série Le Transporteur, le barrage de la langue en termes d’exportation est entrain de disparaître. Le Royaume-Uni se met par exemple depuis quelques temps à acheter des séries françaises et européennes, telles que les séries Les Revenants et les Témoins.

La VoD, une solution ?

Pour Vincent Leclercq du CNC, les plateformes VoD bouleversent les modèles, car elles demandent une exclusivité de contenu et tous les droits.

La productrice Bénédicte Lesage (Mascaret) a également pointé l’importance de créer des œuvres singulières et fortes, aux points de vue différents, en prenant l’exemple d’une mini série produite pour Arte en noir et blanc, achetée par Netflix.

“Les règles sont assez floues aujourd’hui, car Netflix achète des séries qui peuvent être peu vendables localement“, acquiesce Emmanuelle Bouilhaguet, notant que les deals avec Netflix étaient plus faciles il y a deux ans. Aujourd’hui, ils peuvent demander des protections, telles que l’interdiction de diffusion télévisée, de sortie vidéo… Les accord peuvent être rémunérateurs mais il convient aussi de se poser la question des marchés locaux et de l’exposition.“

Les voies à suivre

Olivier Wotling (Arte), remarque que la route est longue pour s’ouvrir vers l’international, pour que la France se pose face au modèle scandinave. C’est grâce aux achats, pré-achats et aux rencontres que les liens se créent ajoute-t-il, citant l’exemple de Borgen, dont les années de collaboration avec Arte ont pour conséquence que la chaîne coproduira probablement le prochain projet du producteur. “Il est aussi intéressant et utile que des auteurs français se retrouvent dans un pool d’auteurs, pour apprendre de méthode d’écriture et d’organisations différentes“, ajoute Wotling.

Vincent Leclerq (CNC) est revenu lui-aussi sur l’importance du développement et de l’écriture, via la nouvelle initiative visant à soutenir le développement à l’écriture de séries, en collaboration avec l’Allemagne, initiée avec la série Eden. “Le dialogue créatif avec des partenaires étrangers prend du temps et de l’argent, est compliqué. Mais si cette initiative se révèle productive d’un point de vue créatif, nous envisagerons de l’étendre à d’autres pays“, révèle Leclerq.

Pascal Rogard (SACD) appelle au développement des festivals de séries : “Les festivals sont des outils importants pour la diffusion et la circulation des œuvres. Cela fonctionne bien pour les films de cinéma, et arrive pour les séries.“

 

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