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Critique : Réfractaire

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Dans les secrets de l'Histoire

par 

- Le producteur luxembourgeois Nicolas Steil passe à la réalisation en explorant un aspect relativement méconnu de la Deuxième guerre mondiale avec le dramatique et initiatique Réfractaire

Critique : Réfractaire

Les fictions sur la Deuxième guerre mondiale ou ses conséquences ne manquent pas dans la plupart des pays européens, mais ce n'est pas vraiment le cas du Grand Duché de Luxembourg qui ne produit qu'une poignée de films par an.

Dans la production de langue française Réfractaire [+lire aussi :
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, le producteur devenu cinéaste Nicolas Steil explore un aspect relativement méconnu de l'Histoire de son pays pendant la Deuxième guerre mondiale : l'existence d'hommes ayant refusé d'être envoyés au front pour combattre aux côtés des Allemand après l'annexion du Luxembourg par le Troisième Reich et qui se sont cachés dans les tunnels désaffectés des mines de fer au sud du pays.

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Épaulé par son co-scénariste Jean-Louis Schlesser, Nicolas Steil a mené de vastes recherches sur l'histoire de ces réfractaires, qui se situent dans une zone grise entre la résistance active et les collaborateurs, dépendant de la première pour les vivres, médicaments et nouvelles de l'extérieur, et devant se cacher des autres. Comme certaines parties des mines étaient exploitées le jour, les réfractaires ont en outre dû inverser leur rythme de sommeil pour ne pas se faire repérer.

Le héros, fictionnel, s'appelle François. Ce garçon de vingt ans (interprété par Grégoire Leprince-Ringuet, apprécié dans Les chansons d'amour [+lire aussi :
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) refuse d'étudier dans une université allemande comme le souhaite son père qui collabore. Un refus qui s’explique peut-être par une sensibilité plus artistique héritée de sa mère. Il devient alors réfractaire et se fait conduire dans la cachette des mines grâce à un ami de la famille qui lui fait confiance malgré les choix de son père.

L'arrivée de François crée des tensions parmi ceux qui sont déjà cachés et Nicolas Steil rend très bien compte de la fragilité du statu quo qui règne dans ce groupe très composite qui voit rarement la lumière du jour. François lui-même est contraint de murir et d'affirmer sa personnalité rapidement s'il veut s'en sortir dans cet univers rugueux, un processus que le réalisateur décrit (non sans s'appuyer un peu trop sur des clichés) en transformant le garçon timide du début en un valeureux membre de la résistance.

Christina Schaffer, responsable des décors, a recréé un Luxembourg des années 1940 qui exsude la trahison sous la terre comme à la surface, tandis que le directeur de la photographie, Denis Jutzeler, manie habilement une caméra toujours mobile. Les acteurs, luxembourgeois pour certains, français pour d'autres, forment une équipe tout à fait crédible dans son hétérogénéité.

Réfractaire a été produit par la société luxembourgeoise de Steil, Iris Production avec les Suisses de CAB Productions. Les deux structures avaient déjà travaillé ensemble sur plusieurs longs métrages, notamment Luftbusiness [+lire aussi :
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de Dominique Rivaz. Réfractaire a également reçu le soutien du Luxembourg Film Fund, de la chaîne suisse TSR, de l'Office fédéral de la culture helvétique et du Programme MEDIA de l'Union européenne.

(Traduit de l'anglais)

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(Service disponible uniquement en France)

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